ART | EXPO

Feminine Futures

21 Juin - 28 Sep 2014
Vernissage le 21 Juin 2014

L’histoire des premières avant-gardes féminines du XXe siècle côté corps, danse ou performance se forge en toute indépendance par rapport aux courants artistiques dominants. Structurée autour d’une collection unique (photographies, lettres manuscrites, dessins, etc.), l’exposition montre comment ces pratiques ont inspiré plusieurs générations d’artistes

Loïe Fuller, Isadora Duncan, Anna Duncan, Valentine de Saint-Point, Ruth St. Denis, Gertrude Hoffman, Anna Pavlova, Vera Petrovna Fokina, Ida Rubinstein, Désirée Lubowska, Milada Mladova, Roshanara, Jia Ruskaja, Giannina Censi, Evan Burrows Fontaine, Mary Wigman, Gret Palucca, Grete Wiesenthal, Hedwig Hagemann, Valeska Gert, Vera Skoronel, Clotilde von Derp, Niddy Impekoven, Gisa Geert, Sent M’Ahesa, Katherine Cornell, Leni Riefenstahl, Tashamira, Tilly Losch, Margaret Morris, Nini Theilade, Yvonne Georgi, Maja Lex, Martha Graham, Doris Humphrey, Hanya Holm, Ruth Page, Myra Kinch, Gertrude Lippincott, Carolee Schneemann, Yoko Ono, Orlan…
Feminine Futures

«Feminine Futures» est structurée autour d’une collection unique comprenant photographies originales, lettres manuscrites, dessins, manifestes, programmes et premières éditions. Une constellation de sources pour le renouvellement des recherches sur le Futurisme français et italien, l’Abstraction, les Ballets russes, l’Expressionnisme européen et américain, ainsi que d’autres voies sans filiation de la modernité.

L’histoire des premières avant-gardes féminines du XXe siècle côté corps, danse ou performance se forge en toute indépendance par rapport aux courants artistiques dominants. La figure féminine sublimée, idéalisée par les fantasmes littéraires symbolistes ou au contraire hystérisée par les premières approches psychopathologiques, cède la place à un niveau d’expressivité et de liberté jamais égalé. La prise en main par les femmes de leur propre modernité et l’invention des multiples hypothèses de la «Femme Future» ouvrent la perspective d’un dépassement radical des disciplines plastiques en faveur d’une action avec le corps considérée comme œuvre d’art à part entière.

Nous sommes là aux origines de la performance et des pratiques pluridisciplinaires qui ont inspiré plusieurs générations d’artistes tout au long du siècle dernier jusqu’à aujourd’hui. Une filiation profonde lie ces artistes qui vivent leur expérience d’avant- garde comme une réponse aux forces originaires, enracinées dans la psychologie du désir et dans la reconstruction d’une mythologie féminine qui efface la mémoire de toutes les soumissions et leur confère ce pouvoir politique perdu qui reste encore à conquérir.

Avec les mots Action Féminine, Valentine de Saint-Point caractérise sa position en tant que seule femme dans l’organigramme de la Direction du Mouvement Futuriste alors que tous les protagonistes masculins apparaissent sous des sections artistiques paradoxalement classiques comme Poésie, Peinture, Musique et Sculpture.
À l’instar de l’idée majeure développée en 1913 dans son Manifeste de Luxure: «il faut faire de la luxure une œuvre d’art» car «la chair crée comme l’esprit crée», l’Action Féminine annonce un projet inédit, une attitude artistique ou politique à portée plus étendue que la production d’objets «exposables».

Dans sa recherche d’une généalogie renouvelée de l’histoire des actions corporelles «Feminine Futures» privilégie les figures fondatrices importantes mais peu connues dans toute l’étendue de leur créativité. Elle les suit depuis l’émergence de leurs premières œuvres jusqu’à la fin de leur vie.

Une convergence exceptionnelle est née de la rencontre entre la danse, le mouvement, l’expression corporelle et la photographie. De véritables stratégies artistiques sous-tendent les procédés techniques et leurs qualités picturales spécifiques pour asseoir dans la mémoire collective des univers de création novatrice. Les pièces photographiques de «Feminine Futures» sont aussi un témoignage précieux de l’histoire de la photographie.

Des sommets de maestria plastique et artistique sont atteints dans des collaborations entre chorégraphes et photographes comme Loïe Fuller avec Isaiah West Taber ou Harry C. Ellis, Isadora Duncan avec Arnold Genthe, et bien d’autres encore.

L’espace de l’exposition est également ponctué de projections filmiques qui relient cette première généalogie photographique aux expériences pionnières dans le champ de la performance des années 1970.