ART | EXPO

Faux guide

16 Oct - 13 Mar 2016
Vernissage le 16 Oct 2015

D’origine franco-marocaine, Yto Barrada présente des photographies qui puisent dans les vestiges de l’identité de l’Afrique du Nord, à partir d’objets fouillés ou fossilisés. Il en résulte une série d’images à mi-chemin entre voyage et travail d’investigation, en vue de recouvrer la force et la singularité d’une culture qui au fil du temps, se délite.

Yto Barrada
Faux Guide

Née en 1971 à Paris, Yto Barrada est pourtant généralement associée à la ville de Tanger dont elle a exploré les imaginaires contemporains à partir de la photographie à la fin des années 90. Imaginaires et désirs d’ailleurs car il reflètent les processus de globalisation et les espoirs d’individus dans une émigration possible vers l’Europe. Imaginaires et aspirations locales voire nationales, car la ville de Tanger, sujette à une urbanisation intensive, est entourée de campagnes appauvries.

Le projet présenté à Nîmes poursuit son exploration de l’identité marocaine et la question des origines mais aussi les dispositifs de collecte et de monstration de musées d’histoire naturelle, d’ethnographie ou d’archéologie. Elle y pense le statut des archives et de l’industrie qui se développe autour des fouilles archéologiques, ce qui lui permet d’interroger le rôle et le travail de l’institution dans l’élaboration d’une culture donnée.

Une série de photographies présente un ensemble de jouets d’enfants d’Afrique du nord conservés au Musée du Quai Branly à Paris. Un autre ensemble d’œuvres fait directement référence aux fouilles archéologiques qui se déploient dans le Sahara, la découverte de fossiles mais aussi le marché florissant des faux. Le film Faux Départ est un voyage à travers des paysages des montagnes de l’Atlas et la description du travail des faussaires. Le rapport à l’authenticité est ausculté par la photographe, comme pour souligner une identité marocaine en pertes de repères, à la fois sur le plan de l’histoire qu’elle dissous progressivement, et sur le plan culturel à l’aune d’une mondialisation qui se met en place. Il s’agit ainsi de méditer sur les temps géologiques, l’histoire de notre planète mais aussi celle de la France. L’ensemble de ces objets et images nous raconte des histoires individuelles mais aussi la façon dont nous pouvons raconter la grande histoire par la collecte d’objets, la fabrication d’artefacts et leur présentation dans des dispositifs muséaux qui évoluent dans le temps.