DANSE | SPECTACLES

Fatch et Boomerang

06 Fév - 07 Fév 2020
Vernissage le 06 Fév 2020

Le duo de danseurs Lotus Eddé Khouri et Christophe Macé explore dans leurs chorégraphies Fatch et Boomerang le fragile équilibre de nos vies, que ce soit au sein du couple ou bien sur le lieu de travail – le tout sur des morceaux de musiques populaires.

La danseuse et chorégraphe Lotus Eddé Khouri collabore depuis 2015 avec le danseur et sculpteur Christophe Macé dans l’élaboration d’une série de « miniatures chorégraphiques » regroupées sous le nom de « Structure-Couple ». Le projet compte déjà cinq pièces : Cosy (2014), Porque (2016), Boomerang (2017), Orgabak (2019) et Fatch (2019). Dans chacune d’elles, le duo créateur et interprète joue sur la mise en miroir de leurs corps, dans une réflexion sur le couple. Les chorégraphies sont toutes inspirées d’une chanson populaire, remixée par le musicien Jean-Luc Guionnet. Fatch et Boomerang mettent ainsi à l’honneur la chanson française avec Serge Gainsbourg et le jazz américain avec Fats Waller.

Boomerang : un va-et-vient chorégraphique entre amour et désamour

Boomerang étonne au premier abord : les deux danseurs se meuvent parallèlement l’un à l’autre, chacun sur une planche de bois, perchés sur des socques aux talons asymétriques et instables. En arrière-fond retentit la chanson Comme un boomerang de Serge Gainsbourg. Suivant le rythme de la musique, les deux danseurs progressent à petits pas, plus ou moins rapidement, et leurs pieds claquent sur le sol avec plus ou moins d’intensité. Tel un boomerang, ils vont et viennent, parfois d’un même élan, parfois de manière désynchronisée. Leurs aller-retour incessants retranscrivent les fluctuations des émotions, et celles du couple lui-même : tantôt les deux amants cheminent ensemble, tantôt l’un avance tandis que l’autre recule.

Fatch : des travailleurs-équilibristes

« Fatch » sonne comme une version déformée de « Fats », qui était le surnom du compositeur et musicien de jazz américain Thomas Wright Waller. Lotus Eddé Khouri et Christophe Macé ont puisé l’inspiration pour leur chorégraphie dans la version musicale de Sometimes I feel like a motherless child — un classique du répertoire Negro Spiritual composé à l’époque de l’esclavage aux Etats-Unis. Le spectacle fait des allusions à ce contexte : les danseurs revêtent des costumes de travail et se meuvent sur une poutrelle posée sur le sol. Le socle dentelé les oblige à devenir équilibristes, dans un effort fragile mais obstiné.