ART | EXPO

Faraway

15 Sep - 13 Oct 2007

Première exposition personnelle en France d’Enoc Perez, dont l’oeuvre avait été remarquée lors de l’exposition " Dear Painter, paint me…" en 2002-2003 (Centre Georges Pompidou, Kunsthalle de Vienne, Schirn Kunsthalle Francfort).

Enoc Perez
Faraway

Les peintures d’Enoc Perez, portraits, architectures singulières, « Still Life », ont en commun la recherche du désir et de la beauté. Il considère l’art comme «des références entre des images et sa propre vie». Il y a à la fois, une singulière attirance vers les tableaux mais aussi, un caractère énigmatique.

En fait, Enoc Perez utilise une méthode complexe et de longue haleine pour réaliser ses tableaux. Enoc Perez fait partie de cette génération d’artistes des années 90 qui ont participé au mouvement de reviviscence de la figuration et qui utilise la photographie comme modèle et matériau de la peinture.

Ce phénomène s’est développé alors que l’on parle depuis les années 70 de la mort de la peinture, idée très vivace aux Etats-Unis et en Allemagne où l’art minimal, conceptuel et la photographie plasticienne dominent les courants artistiques. Puis, parallèlement, une jeune génération de peintres dont Elizabeth Peyton, John Currin, éprouvèrent une fascination renouvelée pour la peinture engagée dans un débat avec l’univers visuel médiatique omniprésent.

Cependant la peinture d’Enoc Perez n’est pas une simple inspiration de la culture populaire à la recherche d’une identité perdue, elle est plus proche d’une « esthétique pathétique ». Les immeubles (hôtels, aéroports) comme les portraits (féminins) ou les objets sont toujours peints en gros plan comme s’ils surgissaient de souvenirs oubliés. Ils sont à la fois sources de créativité et d’identité.

Issues de photographies personnelles ou d’archives, les peintures naissent de dessins, utilisés comme support pour chaque couleur perçue isolément, avant d’être reportés un à un à la main sur la toile, dans une sorte de technique de frottage. L’exécution des tableaux, dont la surface est parfois constituée de quelques 30 couches de couleur, exige beaucoup de temps et une patience obsessionnelle.. Cest la confrontation du facteur temps qui se joue ici entre la peinture et la photographie instantanée. « La peinture s’effectue dans le temps » nous dit Enoc Perez. Si les photographies montrent la réalité, les peintures d’Enoc Perez, elles, sont véritablement imprimées, leurs images sont les traces physiques d’un processus.

Ainsi les tableaux ont un effet souvent mélancolique, sensuel. Les portraits sont souvent auratiques où familiarité et retrait se mêlent. C’est la différence entre furtivité du cliché et maturation de la peinture , c’est la différence entre coup de foudre et amour inaltérable.

Le titre de l’exposition « Faraway » résume cette distance physique et émotionnelle qui peut être tout aussi positive que dévastatrice. Portraits de son épouse enceinte, d’amies, seront présentés avec d’autres sujets différents qui donnent une charge émotionnelle particulière à un moment où Enoc Perez connaît aussi un grand changement personnel dans sa vie.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Carine Pouvreau sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Faraway

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