ART | EVENEMENT

Faire la salle/ Faire le Gilles/ Faire le film

02 Avr - 02 Avr 2012

Faire la salle, Faire le Gilles, Faire le film, trois copies sonores de Robert Cantarella à partir des cours de Gilles Deleuze dont les intonations, les hésitations, les toux sont redites à l’identique afin de «passer par un autre corps pour percevoir les jubilations d’une pensée à haute voix».

Robert Cantarella
Faire la salle/ Faire le Gilles/ Faire le film

Faire la salle est le contrechamp d’un séminaire, la salle l’interrompt.
Faire le Gilles est le cours N°12 de 1981 consacré à l’Image-Mouvement.
Faire le film, est le hors-champ, la reconstitution d’une bande son d’un film par Robert Cantarella et Alexandre Meyer.
Je peux dire à un acteur « dis un peu pour voir » et particulièrement quand le sens paraît bouchonner, quand je n’y vois plus rien. J’ai alors pensé aux exercices de copie si habituels en peinture, aux copistes en écriture, et j’ai mis en application la copie sonore. La pratique, comme en peinture, est jubilatoire pour celui qui fait, et pour celui qui reçoit.
J’ai d’abord découvert l’écriture, puis la voix de Deleuze, dans ce sens-là. La voix, comme moyen de transport m’a souvent facilité la compréhension, je dirai justement la sensation d’une idée, et le chemin de son développement.
Je suis assis, des oreillettes me font entendre la voix de Deleuze, je redis ce que j’entends au plus près de la voix d’origine, en refaisant les inflexions, les suspens et les interventions.
Le rythme, la fréquence, le battement des idées en train de constituer par la voix s’entend, et se ressent.
Ces cours sur le cinéma passent le temps à articuler la pensée sur des images manquantes. Avec Alexandre Meyer, nous actualisons le son en lui créant des images provisoires et passagères.
Robert Cantarella

Studio WIGMAN
Faire la salle
Durée estimée : 60 mn
Faire le Gilles
Durée estimée : 120 mn
Faire le film
Durée estimée : 90 mn
Interprètes : Robert Cantarella et Alexandre Meyer
Production R&C

Coproduction : ménagerie de verre, Paris
Repères biographiques
Robert Cantarella
Né en 1957 à Marseille. Formation aux Beaux-Arts de Marseille. Élève d’Antoine Vitez à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot. Il fonde en 1983, avec Grégoire Ingold, le Théâtre du Quai de la Gare, puis crée, en 1985, la Compagnie des Ours avec la volonté de faire découvrir ou redécouvrir les auteurs du XXe siècle. En 1987, c’est la création d’Inventaires de Philippe Minyana. La pièce connaît un succès immédiat – tournée dans plus de cinquante villes en France et à l’étranger – et marque le début d’une amitié et d’un compagnonnage avec l’auteur, dont Robert Cantarella monte successivement Les Petits Aquariums (1989), Les Guerriers (1991), Drames Brefs 1 (1996), Anne-Laure et les fantômes (1999), puis Pièces (2001). Ensemble, ils cosignent la mise en scène du Sang chaud de la terre de Christophe Huysman. Entre 1989 et 2007, Robert Cantarella a mis en scène Le Voyage d’Henry Bernstein, Divertissements touristiques de Noëlle Renaude, Sourire des mondes souterrains de Lars Nören, Le Siège de Numance de Cervantès au Festival d’Avignon, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce, Sa Maison d’été de Jane Bowles, Oncle Vania de Tchekhov, Hamlet de William Shakespeare, Samedi, dimanche et lundi d’Eduardo de Filippo, Les Apparences sont trompeuses de Thomas Bernhard, Werther de Jules Massenet, Première mise en scène d’Opéra, Le Chemin de Damas, de August Strindberg et Hyppolite de Robert Garnier pour le Festival d’Avignon 2007. Depuis deux ans, il travaille à l’invention de formes nouvelles comme le Musée Vivant inauguré au Centre Pompidou Metz et Faire le Gilles. Depuis 1993, Robert Cantarella exerce également une activité régulière de formation tant en France qu’à l’étranger notamment à Berlin, Cannes, Avignon, Rabbat. En 1997, Robert Cantarella collabore à la rédaction et à l’édition du manifeste Pour une formation à la mise en scène, éditions Entre/Vues. En 1999, il crée «l’Association Théâtres Écritures» ayant pour objet la réalisation et la publication d’une revue intitulée Frictions, pour favoriser la réflexion et la recherche dans le domaine du spectacle. Robert Cantarella est nommé directeur du Centre Dramatique National de Dijon en 2000. Il y crée le festival Frictions en mai, ayant pour vocation de montrer les formes nouvelles de l’écriture scénique. Il publie en 2004 sa première œuvre de fiction: Le Chalet aux éditions Lignes dirigées par Michel Surya et réalise en 2005 son premier documentaire carrosserie. En 2006, pour la création de ça va de Philippe Minyana, il réalise la route, film de fiction d’une heure. De décembre 2005 à mars 2010, il a été co-directeur du CENTQUATRE à Paris, lieu de résidence d’artistes.

AUTRES EVENEMENTS ART