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Faire de son mieux

06 Mai - 12 Juin 2015
Vernissage le 06 Mai 2015

Cette exposition rassemble une quarantaine de photographies de Gilbert Garcin. Il s'agit d'un choix subjectif englobant une vingtaine d'années de création. Son œuvre unique, fruit de la passion tardive pour la photographie d'un «Monsieur tout le monde» devenu «Mister G», raconte petites fables, paraboles ou aphorismes dans des saynètes faussement simples.

Gilbert Garcin
Faire de son mieux

Les saynètes inventées et réalisées par Gilbert Garcin sont faussement simples. Les moyens employés le sont: une table pour théâtre, des images découpées, quelques accessoires et un projecteur de diapositives… Mais leur élaboration, et les résonances qu’elles suscitent en nous, voilà qui l’est moins.

De vingt années de création artistique, Gilbert Garcin a gardé environ 260 images, soit une moyenne approximative de treize par année. C’est beaucoup de travail pour arriver à la simplicité essentielle de ces petites fables, paraboles, aphorismes, comme on voudra…

Les meilleures de ses créations allient forme et fond, impact visuel et pertinence de la métaphore. Par exemple Changer le monde qui voit Monsieur G saisir et défaire le tracé des déterminismes figurés par un ruban noir qui court au sol à l’infini. L’image est belle et porte la marque de cet humour d’un personnage à la Tati, bouleversant le monde par une action réduite mais concentrée et opiniâtre sur un «détail» qui s’avère déterminant.

Mais d’autres gardent une part de mystère. C’est même ce qui en fait la saveur. Comment interpréter Le cœur de la cible? D’intuition, on en perçoit l’humour un peu absurde. Mais le charme de cette image tient dans les chemins qu’elle ouvre à l’imagination vers des lectures diverses.

Autre illustration de la riche palette de Gilbert Garcin, entre mots et photos: Le danger des images frappe par sa complexité visuelle et le côté surréaliste, labyrinthique, de son interprétation, alors que Maître du monde est d’une simplicité percutante et illustre sans ambiguïté l’expression «tirer les ficelles». C’est dans cet intervalle entre évidence et énigme que joue Gilbert Garcin. Et cela souligne aussi à quel point ses photographies sont peu dissociables des mots. D’où l’importance du titre.

Un bon nombre d’images — pas loin du quart — «traitent» du couple: La vie devant soi, L’union, Avoir raison, Le contrat de mariage, L’équilibre parfait, Divergence... Gilbert Garcin s’expose dans ses images, à travers son personnage découpé, protagoniste principal de ses histoires…

Ainsi, sa création ayant peu à peu envahi son quotidien, il était naturel que sa femme Monique le rejoigne dans le tableau. L’un des principaux ressorts des images de Gilbert Garcin est d’ailleurs le contraste créé par la banalité de ce couple ordinaire et l’aspect fantastique, surréaliste des situations dans lesquelles ils sont plongés.

Quelques scènes enfin se rapprochent d’une forme d’autobiographie. Laissant de coté les aphorismes et la déclamation de principes, elles semblent illustrer plutôt un état d’âme, un sentiment, et le personnage de Monsieur G est soudain touchant d’humanité. Ainsi cette silhouette voûtée marchant dans la nuit parmi les châteaux de sable écroulés (A la plage, 1998), et aussi, réalisé après le décès de Monique: Seul, 2012.

Gilbert Garcin est né à La Ciotat en 1929. Il vit et travaille à Marseille.

Vernissage
Mercredi 6 mai 2015

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