ART | EXPO

Fahrenheit 451

14 Fév - 28 Mar 2009
Vernissage le 13 Fév 2009

Le projet de Thu Van Tran consiste en l’adaptation du roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, en une exposition. A l’image de la censure agissant dans le livre, l’incarnation d’une esthétique visionnaire ou encore la langue comme force combative, seront matérialisées au sein des oeuvres proposées.

Communiqué de presse
Thu Van Tran
Fahrenheit 451. Homme-livre Homme-libre

Une exposition personnelle de Thu Van Tran, avec la participation de Chi Waï Ng et Didier Rittener

Le projet consiste en l’adaptation d’un roman d’anticipation écrit par Ray Bradbury en 1953, Fahrenheit 451, en une exposition. Celle-ci s’efforcera de retranscrire le récit en expériences et d’en dégager les principaux enjeux. Dans une société future où il est interdit de lire, où l’on brûle les livres qui sont découverts, les gens qui veulent les sauver les apprennent par coeur. À l’image de cet état de fait, la confrontation entre censure et résistance, l’incarnation d’une esthétique visionnaire ou encore la langue comme force combative, seront matérialisées au sein des oeuvres proposées dans l’exposition.

Cacher un livre, mémoriser son contenu lorsqu’il n’y a plus de supports possibles, garder la parole comme forme de survie, la transmission comme fondatrice d’un avenir collectif, sont les actes quasi-désespérés du roman. Dès lors, son adaptation est motivée par la dimension héroïque et dramatique du sujet, dont la teneur politique tient en sa prophétie d’un monde sans liberté ni libre arbitre et son évocation directe à certains événements de l’histoire, guerre et autodafé passés.

L’intérêt de l’artiste pour la science-fiction n’est pas particulier, c’est en revanche l’effort d’anticipation fourni par le genre qui retient son attention. En effet, le texte d’anticipation nous restitue l’expérience de notre présent en le représentant comme déjà passé, nous demandant de l’appréhender comme histoire d’une chose encore à venir et qui nous est contée à cet instant. C’est sur ce mode que l’artiste tentera d’investir l’espace d’exposition, en lui prêtant un format dans lequel les notions de durée et d’origine prendront place.

Pour ce projet, l’artiste a souhaité l’intervention d’un graphiste designer originaire de Hong Kong, Chi Waï Ng, en lui confiant la matérialisation d’une identité visuelle graphique et narrative, ainsi que l’intervention de l’artiste suisse Didier Rittener, sur la question de l’autodafé.

Par ailleurs, il sera programmé durant l’exposition une série de performances et de débats animés par la puissance de la langue. La récitation, le discours, l’improvisation verbale, ou même chanter, seront autant de moyens de dire que de procédés persistants mettant en jeu la parole.

L’exposition débutera par un prélude phonétique et évoluera en sept chapitres, ainsi nommés : Ch 1-Exister caché, Ch 2-Un bonheur immédiat, Ch 3-Le pissenlit ou le limier destructeur ?, Ch 4-Autodafé, Ch 5-L’imaginaire ne cessera pas, Ch 6-Germination, Ch 7-La cavale.

Vernissage
Vendredi 13 février 2009. 18h-21h. En présence des artistes.



Evénements
Dans le cadre de l’exposition « Fahrenheit 451 homme livre homme libre » et sur une proposition de Thu Van Tran.

— Jeudi 12 mars à 18h.
« Les limites de ma langue sont-elles les limites de mon monde ? » (principe énoncé par Ludwig Wittgenstein détourné pour les besoins de la discussion.)
Avec Anne Kawala, Gaël Charbau, Agnès Thurnauer, Clément Dirié, Florence Dupont, Thu Van Tran et la projection de There’s no land in between, une vidéo de Sung-A Yoon.

Peut-on ressentir l’idée de « liberté » si l’on ignore ce mot et si l’on vit dans un monde dans lequel il n’y en a pas ? Mon univers de pensée est-il limité aux possibilités de ma langue ? Quelles interactions et constructions réciproques peuvent exister entre le milieu qui me détermine et la langue que je parle ? La question, provoquée par la lecture de 1984 de Georges Orwell, accompagne l’exposition et sera posée aux invités, artistes, hercheurs et critiques d’art, qui dans leur travail traitent de l’écriture et de l’oralité.

Informations
Agnes Thurnauer
Bétonsalon

— Vendredi 13 mars à 18h.
« Exécution d’un livre »
Avec Anahita Bathaie, Les éditions Ypsilon (Isabella Checcaglini et Jörg Stickman), Marc Perrin

Un livre et des livres, censurés, épuisés, inachevés, pas encore écrits, dits une fois ou imprimés pour durer, transmis de mémoire ou reconstitués par la mémoire, voilà les états qui permettront la traduction du livre en expérience. Les invités, artistes et éditeurs, nous proposerons une lecture en action de textes inédits ou disparus.

La performance parlée d’Anahita Bathaie se présente en deux langues (français-persan), l’artiste interprétera les textes Oldouz et les corbeaux de Samad Behragui, écrivain Iranien assassiné sous le Règne du Shah d’Iran. Isabella Checcaglini et Jörg Stickman liront C. (pour « Chatte ») de Pasolini, texte inédit au moment de sa parution bilingue chez Ypsilon en 2008. Marc Perrin proposera l’écriture d’un livre sous la forme d’une lecture unique.

Informations
Marc Perrin
Bétonsalon

— Samedi 14 mars à 18h.
« La bouffée de langage qui vient de s’échapper, on ne peut revenir en arrière »
Avec Achim Lengerer, Agathe Peyrat, Lazare

Une fois que c’est dit, c’est dit. On ne peut pas enlever, sauf en disant j’enlève, en ajoutant encore. Même l’oralité d’une chose apprise par coeur a sa part d’erreur sa marge de manoeuvre, parce que l’expérience de dire est inédite tel un processus qui avance s’enchaîne sans se retourner, telle une implosion d’autonomie, c’est la part brute de la langue, abstraction et sens confondus, tout ceci « shaker » = le matériaux pure, le matériaux dire.
Achim Lengerer proposera X-Lecture un assemblage d’images paroles sons dans un bégaiement mouvement. Agathe Peyrat chantera au plus haut possible l’histoire secrète de Tiananmen. Puis Lazare improvisera, sauvage activité qui le porte loin dans son paysage intérieur. Dans ces trois performances la langue apparaîtra dans une matérialité immédiate.

Informations
Bétonsalon

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