ART | EXPO

Fabien Verschaere

12 Mar - 16 Avr 2005
Vernissage le 12 Mar 2005

Monde onirique et fantastique empreint de cultures populaires et africaines. Mélange des genres, depuis le cinéma fantastique de Tim Burton, en passant par l’univers rhizomatique de Fabrice Hybert ou l’esthétisation des corps de Matthew Barney. Dessins, sculptures, affiches, photos.

Fabien Verschaere
Fabien Verschaere

Diables, diablotins, démons, et autres créatures de la sorte, peuplent tout l’univers fantastique de Fabien Verschaere. Un univers enfantin et diabolique où les êtres deviennent animaux à deux têtes, créatures aux protubérances multiples, comme si finalement la vraie nature des vices de chaque être humain s’exprimait enfin pleinement, naturellement, sans retenue de principe et autres attributs de parade sociale. L’humanité mise à nu, le théâtre des relations humaines placé devant un miroir sans tain, un miroir qui laisserait apparaître la vérité des névroses gardées bien enfouies.

Oui le diable, cet éternel révolté, celui qui veut faire honte à l’homme de son obéissance, et le pousser à désobéir à la morale qu’on lui a toujours inculquée. L’homme cherche sans cesse à faire fuir celui qui l’incite à désobéir, comme pour respecter un devoir de bienséance. Quelle est votre morale ? Elle est peut-être pleine de vices. Tant mieux. Le vice est notre démon contemporain, et ses compères, ceux en qui nous voyons un barrage à notre volonté, peut-être diabolique, d’ailleurs. Non ça n’est pas un dérapage, mais juste une conscience. Le mythe a disparu pour laisser place à une image plus vraie que nature. Il n’y a pas un diable, ni un seul démon, mais une cohorte, dont les noms se déclinent de A jusqu’à Z, dont les atours prennent ceux de l’enfance, du pouvoir, du sexe, de l’argent. Les véritables démons du XXIe siècle, nous les rencontrons tous les jours, ce sont ceux qui font mine de nous souffler des réponses, imprimer leur logique à celle de notre pensée. Silence, ne pas faire de bruit, suivre le mouvement cadencé du troupeau. Non, Eve a osé manger le fruit de la science. Peut-être faut-il aussi avoir l’esprit malin et apprendre à jouer avec les démons qui nous entourent. Oui il vaut mieux avoir le diable au corps, le diable à l’âme, parce que dégagés de nos troubles, il nous en vient toujours d’autres. On dit que le diable use mal de sa liberté, mais il n’est pas certain que ceux qui suivent leur morale l’utilisent mieux. Dans notre réalité il n’y a pas plus de vrai morale qu’il n’y a de diable ou de démon, juste des manifestations, des symboles, des images. Il n’y a donc aucune raison d’envoyer ce diable au diable. Mieux vaut pactiser avec un diable cornu, qu’un diable déguisé en être humain. L’Entertainment a tout avalé, alors avalons-le à notre tour. Bienvenue à Kidding park.
Audrey Mascina

critique

Kidding Park