ART | EXPO

Exposition collective

21 Fév - 28 Mar 2009
Vernissage le 21 Fév 2009

Sans ligne directrice formelle ou regard didactique, l’exposition propose une mise en relation des oeuvres modernes et contemporaines, dont les liens se laisseront deviner par le spectateur.

Edouard Archinard, Michael Bauer, Hans Bellmer, Jean Crotti, Marcel Duchamp, Aurélien Froment, Andrian Ghenie, Christopher Hanlon, Marcel Jean, Andrew Mania, Christopher Orr, Francis Picabia, Man Ray, Jacob Robichaux, Carl Van Vechten et Jacques Villon
Exposition collective

Marcel Duchamp : « Les artistes de tous temps sont comme des joueurs de Monte Carlo et la loterie aveugle fait sortir les uns et ruine les autres. Dans mon esprit, ni les gagnants ni les perdants ne valent la peine qu’on s’occupe d’eux . C’est une bonne affaire personnelle pour le gagnant et une mauvaise pour le perdant.

Tout se passe au petit bonheur la chance. Les artistes qui, durant leur vie, ont su faire valoir leur camelote sont d’excellents commis-voyageurs, mais rien n’est garanti pour l’immortalité de leur oeuvre. Et même la postérité est une belle salope qui escamote les uns, fait renaître les autres (Le Greco), quitte d’ailleurs à changer encore d’avis tous les 50 ans ».

Jean Crotti avait sollicité un jugement sur son oeuvre. Duchamp montre un certain embarras, lui qui n’a « aucune croyance – genre religieux » dans l’activité artistique. Si l’art est ainsi soumis aux caprices du hasard, c’est qu’un doute persiste sur l’existence de critères absolus sur la création artistique. Est-ce que l’on peut prêter attention aux peintures de l’ecrivain boxeur Edouard Archinard ?

Les artistes aiment à revendiquer, assimiler, quitte à réinterprèter ceux qui, dans le temps, les ont précédés. Quel regard portons-nous aujourd’hui sur une oeuvre de jeunesse de Villon reprenant Manet, d’un Andrew Mania s’appropriant Carl van Vechten, sur ces artistes contemporains renouant avec la peinture, retour à une tradition picturale filigranée de surréalisme, faisant autant référence à l’ironie de Picabia et ses camarades dadaïstes, à l‘abstraction d’un Man Ray, aux teintes tragiques de l’érotisme de Bellmer. Le dessein d’une oeuvre n’est-il pas de développer un langage esthétique hors du temps, entre filiation et rupture.

Sans ligne directrice formelle ou regard didactique, « reproduction rigoureusement exact », l’exposition ne présente pas de relecture, mais plutôt une mise en regard dont la ligne d’intention se laisserait deviner par le spectateur.

critique

Reproduction rigoureusement exacte