ART | EXPO

Etrange nature

25 Jan - 26 Avr 2014
Vernissage le 25 Jan 2014

Les œuvres de ces quatre artistes aux univers singuliers associent éléments plastiques et éléments naturels. Loin de la représentation traditionnelle de la nature, ils nous en propose une vision hybride et étrange, à travers un ensemble de sculptures, dessins et installations.

Kate Atkin, Cécile Beau, Émilie Benoist, Hicham Berrada
Etrange nature

«Etrange nature» s’aventure à rapprocher les œuvres de quatre artistes aux univers bien distincts. Leurs affinités ne se situent pas toujours dans les formes et les médiums mais, dans leur manière d’utiliser la nature comme référence ou matière de leur travail. Chez eux, la nature n’est pas un univers vierge; elle apparaît déformée, hybride, étrange.

L’anglaise Kate Atkin trouve dans la nature un répertoire de textures et de déformations poétiques qu’elle utilise dans ses dessins. Réalisés à partir de photographies et collés sur bois, ses œuvres décrivent des textures de coquilles de moules ou d’écorces de bois. Le plus souvent exécutés en noir et blanc, ils lui demandent de longues heures de travail en raison de la précision du trait et de leurs grands formats. L’un des plus monumentaux, intitulé Starling est basé sur la photo d’un châtaignier que l’artiste a découvert lors d’une promenade à Greenwich Park. Elle représente cet arbre dans une position de torsion extrême. L’utilisation du crayon dans cette oeuvre est si intense, qu’elle fait parfois penser à de l’encre noire.

Emilie Benoist et Cécile Beau créent, quant à elles, des espaces qui ressemblent à des mondes indépendants. Leurs représentations de mère nature nous plonge dans des univers poétiques et parfois inquiétants, qui mêlent matière plastique et éléments naturels. L’œuvre de Cécile Beau est composée d’installations, de sons, de références à une nature étrange. Ces mondes semblent fonctionner en soi, à la manière d’un haïku ou d’un jardin japonais. Elle nous propose une expérience à la fois poétique et spirituelle. La notion de paysage est un des thèmes centraux de son œuvre. Il ne s’agit pas de produire une représentation fidèle à la réalité, mais au contraire, d’en révéler la face cachée. Quant à l’œuvre d’ Emilie Benoist, elle se décline sous forme de différents ensembles qui s’intitulent Matières Grise, Cellula Phantastica ou encore Ces Milieux. Autant de noms qui flirtent avec la biologie. Fruit d’un travail minutieux, ses sculptures plongent les spectateurs dans un monde d’architectures englouties où le plastique entre en dialogue avec les micro-organismes, et l’histoire avec les minéraux.

Hicham Berrada, dont les performances pourraient être comparées à des expériences de laboratoire, propose au spectateur des images fascinantes de l’imaginaire scientifique. Il joue avec les protocoles pour créer des images de la matière vivante. Echanges de limaille de fer entre deux aimants, aquarium rempli d’ingrédients supposés être à l’origine de la vie; son oeuvre est à la fois sensuelle et grisante.