DANSE | FESTIVAL

Etrange Cargo

10 Mar - 11 Avr 2009

Les cinq programmes qui composent cette nouvelle édition d’Étrange Cargo témoignent tous d’un profond désir de vivre ensemble avec ce même langage qui est celui du présent.

Allio-Weber, Jacques André & Christophe Huysman, Thierry Bedard, Chloé Delaume & Hauke Lanz, François Raffinot
Etrange Cargo

Pour la prochaine édition d’Etrange Cargo, Marie-Thérèse Allier a conçu 25 soirées consacrées au théâtre et à la performance. Au programme, des artistes qui voient là un lieu définitivement incontournable pour présenter des objets au format inhabituel (Jacques André & Christophe Huysman, François Raffinot), pour rejouer des formes (Allio-Weber), pour créer sur le long cours (Chloé Delaume & Hauke Lanz) et donner à entendre des histoires liées aux écritures du monde (Thierry Bedard- notoire).

10 -14 mars 2009, 20h30
Jacques André & Christophe Huysman : 5/5=1, 5 trans-fusions

Dans le cadre de sa résidence à la Ménagerie de Verre, Christophe Huysman conçoit avec Jacques André 5/5=1, 5 trans-fusions soit cinq soirées uniques autour des questions d’identité reliant l’individu à l’humanité à l’heure où partout un racisme silencieux véhiculé par les textes de référence (lois, dictionnaire, etc.) se renouvelle aujourd’hui dans certains usages des bio technologies et de la biogénétique (fichage généralisé, obsession des origines, etc).
Par un jeu d’écriture mêlant citations, créations textuelles, ou visuelles, et interactions introduites par cinq invités — généticien, démographe, linguiste, expert médico-légiste et juriste — la relation que l’individu entretient aujourd’hui au « collectif » est explorée.

17-21 mars 2009, 20h30
Allio-Weber : Un inconvénient mineur sur l’échelle des valeurs

Allio-Weber propose pour Étrange Cargo une nouvelle version d’Un inconvénient mineur sur l’échelle des valeurs, créé en 2008 au festival 100dd à la Grande Halle de la Villette. Engagées depuis plus d’un an dans un travail d’écriture et de conception communes, Eléonore Weber et Patricia Allio passent au crible, avec cette première pièce, le discours libéral du droit à la différence et à la réalisation de soi. Celui-ci ne sert-il pas une logique désespérée, lorsqu’il vire à l’obsession et conduit par exemple à la revendication du droit à l’amputation volontaire ? Les deux metteurs en scène ont choisi ce cas limite comme ligne de front. Et mener bataille signifierait ici se mettre radicalement à l’épreuve de ces contradictions, dans un espace où il s’agit moins de regarder que d’être regardé.

24-28 mars 2009, 20h30

Chloe Delaume & Hauke Lanz : Eden matin midi et soir

Le metteur en scène Hauke Lanz et l’écrivain Chloé Delaume ont initié à la Ménagerie de Verre une création en plusieurs étapes. Entamé en septembre 2008, Eden matin midi et soir est un work in progress, dont le point de départ est le synopsis suivant : toutes les cinquante minutes une personne se suicide en France et Adèle fait partie de ceux-là.

Monologue écrit par Chloé Delaume pour la comédienne Anne Steffens et le metteur en scène Hauke Lanz, c’est séance après séance que cet objet théâtral s’est inventé.

31-4 avril 2009, 20h30
François Raffinot : Laborintus

François Raffinot imagine pour Étrange Cargo un programme en trois temps : trois performances dans trois espaces de la Ménagerie et jouées trois fois. Ces trois conversations d’un corps avec lui-même, tendu par le désir d’un autre, peuvent être suivies par le public dans l’ordre qu’il souhaite, dans leur totalité ou de façon fragmentaire. Liées par des gestes similaires, par des images et des interventions sonores communes, ces trois performances sont de facture très différente et autant d’hypothèses sur le corps propre.

7-11 avril 2009, 20h30
Thierry Bedard – notoire : Épilogue d’une trottoire
Thierry Bedard-notoire s’est engagé en 2005 dans un nouveau cycle de recherche lié aux écritures étrangères. Un cycle où est énoncé l’ordre et le désordre du monde sous formes d’histoires, d’essais, de correspondances, etc.

C’est dans ce cadre que s’inscrit Épilogue d’une trottoire, à partir d’un texte inouï sur l’agonie d’une prostituée tuée par un de ses clients, de l’écrivain comorien Alain Kamal Martial. Un long poème dramatique qui traite d’un sujet extrême pour mieux faire entendre d’autres voix, les voix de l’autre, de l’étranger, de l’exilé.

Un spectacle qui trouve d’autant plus sa place à la Ménagerie de Verre qu’au même moment Thierry Bedard se voit interdire par le Ministère des affaires étrangères la diffusion dans les centres culturels français en Afrique et dans l’Océan Indien sa pièce 47 qui traite de l’insurrection malgache contre la colonisation française.

critique

Laborintus