PHOTO | CRITIQUE

Etats de grâce

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@07 Juil 2009

Première rétrospective consacrée à Gérard Uféras, États de grâce rassemble plus d’une centaine de tirages autour de trois séries majeures: Un Fantôme à l’opéra, L’Étoffe des rêves et Un Pas vers les étoiles. Se glissant dans les coulisses des grands opéras, des défilés de mode ou du ballet de Paris, Gérard Uféras nous dévoile des paradis secrets.

L’exposition États de grâce s’ouvre sur une salle bien éclairée où résonnent de grands airs d’opéra. Les photographies sont en noir et blanc. Les formats horizontaux et verticaux alternent de manière à créer un accrochage dynamique. Nous pénétrons dans l’intimité des opéras d’Europe à travers le regard émerveillé et complice de Gérard Uféras.

Le photographe passe de l’univers des spectateurs à celui des artistes dévoilant la curiosité, l’impatience et l’admiration des uns, la concentration, le plaisir et la générosité des autres.
Dès les premières photographies nous sommes envoûtés par de magnifiques décors, des costumes somptueux et par toute l’effervescence qui règne en ces lieux où se libère l’imagination et la sensibilité. La beauté est partout: dans la complicité entre les artistes pendant les répétitions, dans un éclat de rire ou dans le désir des spectateurs. L’état de grâce touche autant les artistes que les spectateurs pourvu qu’ils soient animés par la passion.

La salle suivante est plongée dans l’obscurité; seules les photographies en couleur sont éclairées. Le parcours se fait, sur le son d’une musique d’ambiance contemporaine. Gérard Uféras rend hommage aux danseurs du ballet de Paris. Un Pas vers les étoiles est une ode à la beauté des corps parfaitement maîtrisés. En pleine lumière ou entièrement dans l’ombre, les corps en mouvement deviennent des formes plastiques qui composent et structurent les photographies.

Parmi ces clichés, un triptyque saisissant: sur un fond noir se détachent des formes blanches horizontales tortueuses, il s’agit du reflet des corps des danseurs vus dans un miroir déformant. L’expression corporelle n’en est que plus marquée et le tragique de la scène en est que plus frappant. Le souci de composition ne cache jamais l’admiration du photographe qui parvient toujours à capturer les moments de grâce qui ravissent l’œil et émeuvent l’âme.  La série Un Pas vers les étoiles décrit les corps en lévitation, des corps qui s’élèvent vers les étoiles.

Le dernier volet de cette rétrospective, L’Etoffe des rêves, est dédié aux étoffes, aux femmes et aux créateurs. Gérard Uféras nous invite dans l’univers de la mode où il n’est pas tant question d’habiller le corps que de le magnifier par des créations plus belles les unes que les autres.
Les jeunes filles, outrageusement maquillées, se prêtent au jeu des muses, leurs corps n’est plus qu’un support à des créations délicates qui sculptent leurs formes. Des plumes se dressent sur une poitrine, les drapés suivent les ondulations du corps quand d’autres robes contraignent ses mouvements.
Les stylistes exploitent les qualités de chaque matière à la recherche de nouvelles créations toujours au service de la beauté. En coulisse, le photographe dévoile la fabrique des rêves: séance de maquillage, ajustement des vêtements, coiffures sophistiquées et patience des mannequins avant leurs passages devant les invités. Sur les podiums règnent un univers conçu d’étoffes et de rêves.

Gérard Uféras
Un Fantôme à l’opéra. Photographies.
L’Étoffe des rêves. Photographies.
— Un Pas vers les étoiles. Photographies.

Publications
— Gérard Uféras, Etats de grâce, Les Editions du Fantom, 2009
— Gérard Uféras, Un Pas vers les étoiles, Flammarion, 2008
— Gérard Uféras et Sarah Mower, L’Étoffe des rêves, Altinea, 2001
— Gérard Uféras, Un Fantôme à l’opéra, Altinéa Collectionneur,