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Espace Beaurepaire: «Les dévalidés»

15 Mar - 24 Mar 2004

Une exposition réunissant deux artistes, l’une peintre et sourde, l’autre sculpteur algérien qui travaille autour de la sensation de coupure. Coupure entre le pays d’origine et le pays d’accueil, coupure entre le monde des sourds et celui des entendants.

Les dévalidés
Espace Beaurepaire

L’événement
Communiqué de presse

La rencontre entre deux artistes
L’exposition «Les dévalidés» résulte de la rencontre entre deux artistes, vivant dans des mondes que tout oppose.
Lui, Sculpteur venu d’ailleurs et qui entend…Et elle, Peintre venant d’ici mais qui n’entend pas. Et pourtant la rencontre se produit. Et là où on pourrait échouer, eux réussissent l’échangeavec comme point de jonction le geste, le travail des mains. Ces mains qui créent et communiquent… Et lorsque les gestes ne suffisent pas, ils écrivent sur les murs… Aussi vont-ils à l’essentiel. Naît alors le projet de cette exposition. Avec pour thème le reflet mutuel de leur «dé validation»: le silence ne concerne pas que les sourds et la nostalgie ne touche pas que les exilés.

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La coupure
La coupure n’a ni passé ni futur, c’est un instant présent qui claque des doigts devant nos yeux et nous aveugle subitement.

Raphaëlle Ricol ( sourde )
Un coup de tampon: la société nous a reconnu comme «invalides». La coupure nous advient lors de cette brutale prise de conscience de notre «énormité sociale». Coupure interne, de ce changement incisif. La société nous détermine alors un espace, purement administratif dans lequel l’air est irrespirable et nauséabond… Et les autres, ceux qui entendent, peut-être ont-ils déjà senti cette coupure, peut être se réveilleront-ils un jour brusquement en se demandant: «Je ne suis pas ce qu’on me dit que je suis…»? Y aura-t-il alors une réunion possible entre «coupés»? Peut-être sommes-nous tous, un jour ou l’autre, victime de la coupure. Coupure spirituelle profondément ressentie, plus ou moins tôt, et qui n’est ni une déchirure ni une rupture mais très précisément une coupure! Cette coupure dans laquelle nous sommes tous, mais qui n’est pas nous. Ou bien une coupure en réaction à des référents qui ne sont pas les nôtres. Ne pas avoir les mêmes référents, fait-elle de nous des gens totalement différents, Invalides? À qui de dévalider? à nous ou aux valideurs?

Bachir ( entendant, 1953-2004 )
Première coupure: Bachir, encore jeune garçon, s’aperçoit que le schéma social dans lequel il évolue ne lui correspond pas. Il doit déjà travailler alors qu’il veut étudier aux Beaux-Arts. Il réussit à convaincre sa famille de le laisser partir pour faire des études artistiques. Cela signifie quitter Constantine la montagneuse pour Alger la maritime.
Alger, nouvelle coupure: Bachir se sent comme un étranger. Et ce sentiment le poursuit et s’amplifie lorsqu’il traverse la Méditerranée. Mais ces coupures restent purement géo culturelles car que ce soit à Constantine, à Alger ou à Paris, il trouve dans l’Art le moyen de transcender son exil. Expatrié, il veut rejoindre Paris, ville de lumières et de libertés artistiques. Étudiant, il se bat pour conquérir un public. Artiste, il ne se renferme pas sur le statut d’Algérien mais se veut simplement homme et créateur.
Bachir a dû travailler dur pour poursuivre son rêve. Cet homme solide mais paradoxalement fragile avait choisi avec Raphaëlle le thème de la coupure pour cette exposition. Son décès survient comme une ironie dramatique: dernière coupure. Mais une fois de plus, l’Art de Bachir sera le lieu de la réunification. Ses œuvres continuent leur vie.

Infos pratiques
> Lieu
Espace Beaurepaire
28 rue Beaurepaire. Paris 10e.
M° République
> Horaires
tous les jours de 10h à 21h.
> Entrée libre

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