ART | EXPO

Ernst Caramelle

18 Avr - 19 Juin 2009
Vernissage le 18 Avr 2009

Ernst Caramelle a choisi de réaliser une peinture murale recouvrant quasiment tout le rez-de-chaussée de la galerie. À travers les effets de transparence et les nouvelles perspectives, l’artiste crée un tout autre lieu qui déstabilise le spectateur.

Ernst Caramelle

La Galerie Nelson-Freeman présente une nouvelle exposition de l’artiste autrichien Ernst Caramelle. Présent sur la scène internationale depuis le milieu des années 70, Ernst Caramelle reste un artiste inclassable de par la grande diversité des supports qu’il utilise.

Peintures, dessins, photographies, vidéos, installations et peintures murales, passant de la taille d’un mur à celui d’un dessin de petite dimension, l’artiste modifie à son gré la perception de l’espace d’exposition par d’autres espaces qu’il met en scène.

Les œuvres d’Ernst Caramelle ont été montrées à diverses reprises en Europe et aux Etats-Unis, notamment en 2005 lors de la rétrospective « all printed matters 1974 – 2004 » au Musée Serralves à Porto, reprise ensuite à la Badischer Kunstverein à Karlsruhe en 2006. Du 22 avril au 27 juillet 2009, certaines de ses œuvres seront incluses dans l’exposition « Compass in Hand: Selections from The Judith Rothschild Foundation Contemporary Drawings Collection » au Museum of Modern Art à New York.

Pour sa deuxième exposition à la Galerie Nelson-Freeman, Ernst Caramelle a choisi de réaliser une peinture murale recouvrant quasiment tout l’espace du rez-de-chaussée. C’est la première fois depuis presque vingt ans, qu’une peinture de cette ampleur est présentée à Paris. Depuis le début des années 80, l’artiste développe une nouvelle approche de son travail et réalise des peintures murales qui interviennent sur l’architecture d’un lieu de manière à perturber la perception de l’espace. Ressemblant à des installations, les formes rectangulaires aux tons nuancés de gris, vert, rouge, jaune, bleu, ou encore violet, qu’il réalise sont à base de pigments colorés et d’eau. Représentés sous différents angles et en intégrant des points de vue importants de l’espace donné, de ses dimensions et de la perspective, la peinture apparaît comme un dédoublement de l’espace qui la contient.

Éphémère, de par le rapport direct de l’oeuvre avec l’architecture du lieu d’exposition, elle disparaît dans presque tous les cas et ne remplit sa fonction que pendant le temps de l’exposition. Elle peut, toutefois, se prolonger par la suite au travers de reproductions.

Ernst Caramelle entretient depuis toujours une passion pour l’architecture, thème récurrent dans son travail, que l’on retrouve notamment sur une partie des dessins présentés à l’étage.

Avec l’élan d’un grand potentiel d’idées, ces dessins d’espaces inventés et d’exemples d’architecture sont réalisés de manière spontanée et construite. Parmi ces dessins récents, nous retrouvons sur trois aquarelles le concept, la palette de couleur et les formes géométriques des peintures murales.

Toujours effectués sur des papiers de petits formats, les dessins d’Ernst Caramelle contrastent avec la grandeur des peintures murales. L’artiste joue en effet sur le jeu d’échelle entre la taille des dessins mais aussi la taille des espaces imaginaires qu’il dessine et l’architecture du lieu d’exposition.

Par cette double « mise en abîme » de l’œuvre et du lieu d’exposition, Ernst Caramelle crée un effet perturbant qui pose la question du statut de l’œuvre par rapport à l’espace. Il tient compte non seulement de l’architecture de l’espace, mais également de la lumière qui change, à laquelle il attache une grande importance. À travers les effets de transparence et les nouvelles perspectives, l’artiste crée un tout autre lieu qui déstabilise le spectateur.

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