ART | EXPO

Erik Dietman. Ses années soixante

12 Jan - 23 Fév 2008

Cette exposition revisite le monde des années 60, où se dessine une nouvelle approche de l’objet dans l’art, ce monde d’Erik Dietman, ce monde pansé, ce monde pensé.

Erik Dietman

Ses années soixante

Erik Dietman a toujours été marginal, marginal et solitaire. Il n’a jamais aimé et encore moins appartenu à aucun groupe : « deux, trois personnes, c’est déjà une petite armée. »

Depuis sa plus tendre enfance, il sait qu’il est un artiste et que l’art sera sa vie. Il arrive à Paris en 1959 à 22 ans ne parlant ni le français ni vraiment l’anglais. Non violent, il a quitté sa Suède natale pour échapper au service militaire et à la prison que son refus de porter les armes lui imposait. Il avait l’intention de partir aux Etats-Unis mais les aléas des voyages sans argent le mènent à Paris où il rencontre tout de suite Robert Filliou et Daniel Spoerri avec lesquels se nouent des amitiés indéfectibles.
Autodidacte curieux, il lit beaucoup, surtout de la poésie. Cet amour de la poésie l’habite mais les objets accompagnent ou remplacent les mots qu’il triture en suédois, anglais ou français qu’il maîtrise de mieux en mieux. C’est ainsi qu’il se définit comme un poète raté : Ah ! se suffire d’un carnet dans la poche et ne pas avoir besoin d’autre chose que d’un crayon…

Dans ce début des années 1960, il partage cette pensée qui du Pop Art au Nouveau Réalisme va dessiner une nouvelle approche de l’objet dans l’art, voire de l’objet d’art. Il y adhère : dès 1960 il commence à « panser » les objets de son quotidien, (Tableau malade, 1960), pratique qu’il va poursuivre jusqu’en 1965-66 puis il tourne très vite son petit début de succès en autodérision : il devient l’ex roi du sparadrap.
Commencent alors des séries d’œuvres où l’humour prend de plus en plus de place au milieu des commentaires sur l’art, la politique ou la littérature.(Mais,1968 ou Reflections sur Pop Art, 1969), où il partage la création avec ses alter ego,Outil O’ Tool, Penand Pencil et F.T. Bidlake.