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Erick Monjour dit « code barre 111111111116 »

PMarguerite Pilven
@12 Jan 2008

la World Painting, mouvement fondé depuis 1995 par le franco malgache Erick Monjour fonctionne comme « un sampling chromatique ». L’artiste surfe sur toutes les époques et les genres picturaux pour y glaner son iconographie, prélever images et signes qu’il recycle en des compositions patchwork.

La World Painting est un mouvement qui, comme son éponyme, la World Musique, cherche à frotter ensemble des éléments empruntés à des univers différents. La démarche de l’artiste consiste en une suite de réappropriations d’images, de signes et de logos qu’il mixe ensuite en une iconographie hétérogène. Ces éléments sont ainsi réactivés en une suite de télescopages iconoclastes qui en modifient la signification première.

Aucune logique stylistique, temporelle ou spatiale ne limite ces prélèvements d’images. Les clichés personnels de voyages récents voisinent avec de vieille couvertures de magazines féminins ou des images indifféremment tirées de revues ou de publicités. Monjour glane ainsi les produits d’une culture pop, pièces extraites de leur contexte d’origine dont il disloque le message consumériste pour les transférer au sein de son imaginaire symbolique.

Il en ressort des compositions bariolées, tout en jeux de contrastes. Arpenteur infatigable d’un héritage historique et artistique mondial, Monjour met en place des compositions où la signification standard des éléments prélevés se trouve court-circuitée par des confrontations et rapprochements esthétiques inédits.

L’artiste cherche ainsi, par ces collages sans logique apparente à nous tirer d’une consommation quotidienne d’images trop souvent vécue sur le mode passif. C’est contre cette banalisation de l’image que Monjour travaille également, cherchant, par cette esthétique des contrastes simultanés, à faire ressortir la singularité de chacune d’entre elles, à les mettre en valeur dans leurs différences.