ART | EXPO

Enterrar y callar

25 Avr - 01 Juin 2013
Vernissage le 25 Avr 2013

L’artiste conceptuel chilien Ivan Navarro utilise la lumière comme matériau de base, détournant des objets en sculptures électriques et transformant l’espace par des jeux d’optique. Son travail s’approprie les icônes du modernisme en dénonçant le risque d’un formalisme vidé de tout engagement. Il présente ici des sculptures en trompe-l’œil.

Ivan Navarro
Enterrar y callar

Ivan Navarro utilise la lumière comme matériau de base, détournant des objets en sculptures électriques et transformant l’espace par des jeux d’optique. Son travail s’approprie les icônes du modernisme en dénonçant le risque d’un formalisme vidé de tout engagement. Toujours présent en filigrane, le détournement de l’esthétique minimaliste devient le prétexte d’une subtile critique politique et sociale.

Né en 1972 à Santiago au Chili, Ivan Navarro a grandi sous la dictature de Pinochet. Il est installé depuis 1997 aux Etats-Unis. Au-delà de son aspect ludique, son œuvre reste hantée par les questions de pouvoir, de contrôle et d’emprisonnement physique ou psychologique.

Alors que le Grand Palais consacre une grande exposition aux notions d’espace et de vision dans l’art, Ivan Navarro s’intéresse à l’artiste allemand Josef Albers, précurseur de l’art optique. Ce grand expérimentateur de la couleur et de l’abstraction, professeur au Bauhaus, fuit le nazisme et trouva refuge aux Etats-Unis où il enseigna au fameux Black Mountain College.

Avec le titre «Enterrar y callar» (Enterrer et se taire) Ivan Navarro choisit de mettre en regard l’expérience de Josef Albers — qui garda le silence sur cet exil et son contexte — et la figure de Francisco de Goya, premier artiste engagé dont l’une des gravures des Désastres de la guerre a donné son nom à l’exposition.

Les fenêtres-tableaux lumineux d’Ivan Navarro, échos aux Homage to the Square d’Albers, soumettent les carrés démultipliés à l’infini à un clignotement programmatique implacable. Des mots se détachent sur chacune des compositions: Amarga presencia (Présence amère), No llegan a tiempo (Ils n’arrivent pas à temps). Le langage est une apparition lumineuse de la conscience, qui renvoie aux double sens, à la mémoire douloureuse des décalages entre apparence et vérité.

Aux côtés de cette nouvelle série, la galerie abrite une œuvre qui, reprenant les mêmes formes minimales, évoque les tours jumelles de New York. Les néons reflétés recréent en profondeur dans le sol la hauteur de ces gratte-ciels, «un anti-monument au pouvoir économique des Etats-Unis, chargé de son propre trauma social» explique l’artiste.

Vernissage
Jeudi 25 avril 2013 à 17h