ART | EXPO

Ensemble non monochrome mais rehaussé par têtes d’éléphant

15 Jan - 26 Mar 2016
Vernissage le 15 Jan 2016

«La médiocrité s’avère être en somme une façon ironique de faire les choses sérieusement.» C’est en ces termes faussement condescendants que Francis Carrette décrit l’œuvre de Bernard Quesniaux. Jugez-en par vous-même à l’Artothèque de Caen, où «l’artiste-imposteur» expose.

Bernard Quesniaux
Ensemble non monochrome mais rehaussé par têtes d’éléphant

Bernard Quesniaux est un iconoclaste, il interroge, détourne et reforme depuis les années 80, l’histoire de la peinture, de la figuration au monochrome, du pop art à l’abstraction. Il n’a de cesse de jouer avec les codes «classiques» de la peinture, qu’il questionne autant par la forme que par le support. Avec une naïveté ludique revendiquée, la matière même sort de ses gonds, s’expanse, s’aplanie, se transforme. La peinture devient sculpture, et l’histoire conceptuelle de ce médium se renouvelle en permanence. Bernard Quesniaux est un artiste-peintre, même s’il en doute, et en joue, ce terme galvaudé, jamais vraiment assumé, devient chez lui un credo. Il développe un art qui se moque de l’art qui se moque de lui-même, tout en lui rendant hommage.

«Ensemble non monochrome mais rehaussé par têtes d’éléphant» est un titre emblématique de la plume poétique et satirique de Bernard Quesniaux, entre absurdité et histoire de l’art, décrivant cependant littéralement l’œuvre en question. L’exposition présentée à L’Artothèque, espaces d’art contemporain, en ce début d’année 2016 présente un ensemble d’œuvres inédites: peintures, sculptures, dessins, vidéos et parcours sonores, qui invitent le spectateur à s’immerger dans l’univers «peinturluré» de Bernard Quesniaux.

«Mélangeant pop, abstraction, conceptuel et dérision, l’artiste-imposteur [Bernard Quesniaux] s’échine à faire de chaque œuvre un ratage savamment contrôlé. Titre décalé, matières trompeuses, couleurs incertaines, medium hétéroclite, toute la gamme des gaffes possibles est au rendez-vous pour nous convaincre d’une faillite attendue. Mais cela ne se produit pas que du contraire. Aux propositions de l’artiste, on peut trouver un tas de qualités plastiques inattendues. Et on s’amuse beaucoup de voir que ce qui semblait pesant est léger, ce qui semblait céramique est plastique. Les couleurs stridentes finissent en harmonie, le désordre en équilibre. La médiocrité s’avère être en somme une façon ironique de faire les choses sérieusement.»