ART | EXPO

Empreintes

05 Déc - 17 Jan 2015
Vernissage le 05 Déc 2014

Depuis des années, Jorge Enrique arpente les rues de Miami pour en prélever des empreintes sur du papier. Il poursuit ainsi un travail au confluent de la peinture, de la sculpture, de l'imprimerie et de la photographie. Dans cette exposition, il cherche à restituer l’esprit urbain tout en bousculant les frontières de son travail pictural.

Jorge Enrique
Empreintes

Les premières expositions de Jorge Enrique ont été consacrées à des compositions largement influencées par l’abstraction géométrique.

En trois décennies de recherches et d’expérimentations concernant les différents formats de la création (peinture, sculpture, installations, etc.), Jorge Enrique va bousculer ses propres frontières picturales.

Dans l’exposition «Empreintes» présentée à la Galerie D.X, Jorge Enrique cherche à restituer l’esprit urbain, à déchirer le voile de la culture urbaine. Pour cela, sa technique consiste à empiler des couches successives de matière, telles des strates — papier, peinture, résine — avec comme point de départ soit des photographies réalisées comme un reportage: plaque d’égout, asphalte, déformations de trottoirs, soit des empreintes qu’il réalise in situ, en allant à la recherche de traces témoignant de l’action humaine et industrielle.

La palette chromatique de ses compositions — restreinte mais intense, magnifiée par une surface brillante — invite l’œil du spectateur à se plonger dans une effervescence urbaine ainsi figée dans la résine

Le travail de Jorge Enrique questionne son propre rapport à l’architecture et le cadre ordinaire et «hystériforme» dans lequel nous vivons. Le public est invité à examiner les questions d’espaces et de paysages urbains sous un angle nouveau.

«Dans mes travaux récents, les images résultant d’un ordre nouveau obtenu en juxtaposant les flashes de ma réalité visuelle quotidienne — les marques et les paysages urbains qui m’entourent. J’ai sillonné les rues du quartier de Wynwood où je vis à Miami. Là, j’ai pris des “empreintes” directement sur place. De retour à mon atelier, je les ai déchirés et réassemblées, dans la recherche d’un nouveau sens, d’une nouvelle réalité. Déconstruire ces images m’a mené vers un nouvel ordre visuel, un territoire à explorer, comme les fondations d’une nouvelle maison.

Chromatiquement, je poursuis mon cycle, avec une palette très contrôlée, faite de peu de couleurs aux tonalités très riches. Ici, la narration se révèle comme une série de bandes d’informations, un film fait de ces milliers de bouts d’images, de données et d’objets qui nous entourent et que nous devons traiter puis classer. Voilà qui nous parle de notre temps, des lieux que nous habitons et nous invite à considérer notre environnement dans une approche radicalement nouvelle.» Jorge Enrique