PHOTO | EVENEMENT

Elles x Paris-Photo. Agnès Geoffray

12 Nov - 15 Nov 2020
Vernissage le 12 Nov 2020

Des œuvres suspendues, hermétiquement emprisonnées dans des boîtes de verre, hors du temps. Des photographies imprimées sur soie, pliées et figées dans un drapé immobile. Depuis le confinement, ces photographies anciennes, sélectionnées par l'artiste Agnès Geoffray et scellées sous verre soufflé ou imprimées sur soie, attendent, sans spectateur, dans un temps à l'arrêt.

La galerie Maubert à Paris présente, dans le cadre du programme Elles x Paris Photo, les deux séries « Les Captives » et « Pliures » d’Agnès Geoffray

Qui sont « Les Captives » ?

La série photographique « Les Captives » d’Agnès Geoffray interroge. Qui sont réellement ces captives ? Les photographies « à forte charge dramatique, qui nous hantent et nous assaillent », que l’artiste a glanées, puis mises sous verre ? Les spectateurs, captivés par ces images, fascinés par la force du passé au présent ? Ou ce que ces photographies représentent, ce temps captif du choix et de la vision du photographe ?

Nées d’une collaboration avec l’artisan-verrier Stéphane Pelletier, ces œuvres rappellent l’importance du matériau dans la photographie. Elles interrogent l’essence même de cet art, qui montre autant qu’il cache, qui rend présent un passé révolu, qui joue avec le temps et l’espace.

Chaque photographie, sélectionnée pour sa charge de violence et de tension par l’artiste, est soufflée dans un seul bloc de verre blanc, rouge, ou noir, transparent ou semi-opaque. Les photographies anciennes, sous le verre noir, se devinent plus qu’elles ne se voient, ajoutant à la violence, jamais complètement effacée. Le verre de couleur dramatise les poses, rappelant la place du matériau dans l’art photographique.

Des « Pliures » en apesanteur

Il n’y a pas de photographie abstraite : c’est un art tangible, sensuel et matériel. C’est aussi ce que prouve la série « Pliures » : des photographies sur soie, froissée et pliée, « univers de latences et de réminiscences ». En traduisant les images, du papier à la soie, Agnès Geoffray leur insuffle une nouvelle forme de vie, qui donne envie de les sentir et de les toucher. Tout comme « Captives », cette série témoigne du devenir des images, de la nostalgie ou de la violence qui s’en dégage avec le passage des années.

La violence, la matérialité, le lien entre passé et présent… Ce n’est pas un hasard si ces séries ont été sélectionnées par Fanny Escoulen, commissaire d’exposition mandatée par le Ministère de la Culture, dans le cadre du parcours Elles X Paris Photo, qui met en avant le travail des femmes dans la photographie.