ART | EXPO

Edge of darkness

06 Sep - 11 Oct 2014
Vernissage le 06 Sep 2014

L’exposition présente les éléments de fabrication d’un film qui ne sera jamais réalisé. Le film est entendu ici autant comme une œuvre de fiction que comme une succession de faits et événements réels qui composent la vie. Chacune de pièces exposées est le résultat de déplacements, d’agrandissements, d’appropriations et de croisements.

Michaël Roy
Edge of darkness

L’exposition «Edge of darkness» présente les éléments de fabrication d’un film qui ne sera jamais réalisé. Le film est entendu ici autant comme une œuvre de fiction que comme une succession de faits et événements réels qui composent la vie. Elle en plante le décor: un lieu, des personnages, un synopsis.

On pourra donc découvrir ici :
— Une affiche de cinéma originale, retouchée au crayon pour en supprimer les informations et gommer les détails publicitaires, devient la représentation d’un paysage quelconque.
— Des portraits d’anonymes, dont la disparition leur a valu de figurer à «La Une», composent un casting imprévu.
— Des titres, appartenant à des génériques de films, composent le titre de l’exposition et ses cartels.
— De larges extraits de l’œuvre écrite I remember, 1970 de Joe Brainard, évoquent un prompteur qui laisserait défiler les souvenirs de cet artiste. Il s’en est approprié l’histoire pour déplacer son énonciation du privé vers une mémoire générique et commune à tous. Le texte est donné, l’intrigue peut se dérouler.
Son œuvre inspira déjà Georges Perec en 1978 pour l’écriture de Je me souviens. Ces deux textes ainsi dépourvus d’empathie, se font écho à travers un film-diaporama (durée 10min et muet) réalisé à partir des images générés automatiquement dans les moteurs de recherches internet. Cette iconographie, automatique et contemporaine, commune à tous, illustre ainsi de manière anachronique leurs scénarios autobiographiques.
— Des peintures au vernis à ongle dupliquent certaines images de ce film-diaporama (galerie de portraits, accessoire de l’ordinaire, paysage anonyme…), et ainsi extraites de son propre film il donne à voir encore une autre lecture de ces clichés communs, soumis à une nouvelle déperdition, fantôme des originaux.
— Enfin, de grandes lettres dorées sculptées (d’)écrivant la métaphore du lieu «Eden», supervisera l’ensemble de l’exposition par son installation au plafond.

Chacune de ces pièces est le résultat de déplacements, d’agrandissements, d’appropriations et de croisements, d’après des œuvres pré-existantes ou de notre culture commune et programmée. La réalisation répond systématiquement à des contraintes formelles de fabrication et des exigences économiques de production.