ART | EXPO

Early works

09 Avr - 14 Mai 2016
Vernissage le 09 Avr 2016

L’exposition «Early Works», à la galerie Thomas Bernard, donne à voir les esquisses, sculptures et installations de l’artiste anglais Charles Mason. Chacune des œuvres exposées est le résultat d’une expérience quotidienne: au corps, à l’architecture, à la pratique, à l’autre. Avec leurs formes androgynes, elles mettent en jeu des positions qui interrogent l’intersexualité.

Charles Mason
Early works

Dans les esquisses sur papier de Charles Mason s’affirme clairement l’un des enjeux majeurs de son œuvre: l’intersexualité des formes qu’il conçoit. Charles Mason y développe en effet des formes androgynes qui deviendront, dans le déroulement de sa recherche, des formes sculpturales minimales «queers».

Ces objets, mis en scène dans l’espace domestique, travaillent à des régimes visuels d’emboîtements formels et d’inversions sexuelles. Ils mettent en jeu des positions d’accrochage ou d’équilibre au sol ainsi que des systèmes de pénétration et de circulation. Ces formes génitales intersexes construisent le vocabulaire visuel de Charles Mason qui, au fur et à mesure, débordent sur les murs et le mobilier de la maison. Les rampes et sièges, entre autres, sexualisent l’espace domestique, tout en maintenant une certaine forme de retenue.

A partir des années 2000, tables, chaises, portemanteau, tubes, tuyaux et chattertons remplacent le plâtre et la résine: c’est toute la maison qui participe aux amours de Charles Mason.
Le dernier ensemble des sculptures de l’artiste est constitué de structures fixes qui ont tout à voir avec la balance. Systèmes squelettiques et musculaires basés sur un équilibre stricte, elles sont des architectures-mondes où un écran noir, brillant et translucide, prend appui sur des membres en métal. Elles répondent physiquement aux problématiques de l’équilibre, de l’apesanteur, de la solidarité.

Dans certaines œuvres le métal joue contre l’effet miroir du plexiglas, jouant contre le béton, jouant lui-même contre la mosaïque. Les points d’accroche sont solides, scellés car si l’un glisse c’est l’édifice tout entier qui s’écrase. De là vient sans doutes «l’anxiété», qualificatif que Charles Mason a donné comme titre à deux de ses expositions en 2009 et 2010. En ce sens Crutch (2010) est un dossier de chaise, légèrement augmenté, moulé en bronze et poli, prenant appui sur le coin d’un mur donnant ainsi l’image d’un objet disproportionné et amputé, inutilisable.

Vernissage
Samedi 9 avril 2016

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