ART | EXPO

Duncan Wylie

07 Juil - 27 Sep 2009

Les peintures de Duncan Wylie font émerger du chaos les formes propres au réel comme un arbre, une maison délabrée, des ruines. Partagé entre figuration et abstraction, Duncan Wylie adapte l’action painting pour abandonner ce que l’on appelle la « belle peinture ».

Communiqué de presse
Duncan Wylie
Duncan Wylie

Les tableaux de Wylie parviennent à duper notre perception grâce à leur conception en strates : plusieurs sujets, plusieurs couches de peintures viennent fusionner sur la toile.
La première couche, pouvant figurer des décors aussi variés qu’un chantier, une salle de danse ou un immeuble, est, plus ou moins abondamment, recouverte de peinture.
S’ajoute alors une deuxième, parfois une troisième ou une quatrième.

De la couche originelle, il ne reste qu’un réseau de lignes et de traces colorées qui forment une structure transparaissant ici et là. Ainsi, le dessous dynamise le dessus, organise un mouvement, installe une atmosphère.
Dans ces tableaux, pas de personnages. Ou alors juste une ombre ou une silhouette que l’on croit reconnaître… Mais on devine une présence humaine dissimulée ou fantomatique.

Le thème de la destruction a une origine ancrée dans son histoire personnelle.
En 2005, l’artiste effectue un voyage en Israël lorsqu’il apprend qu’au même moment, son pays natal, le Zimbabwe a sombré dans la violence. Le parti de Robert Mugabe vient de remporter les élections législatives sur fond de fraude et s’attaque aux bastions de l’opposition. C’est l’opération Murambatsvina visant à raser les habitations des bidonvilles d’Harare condamnant ainsi à l’errance ou à l’exode près d’un million de personnes.

Les toiles n’ont certes rien de documentaire et ne cherchent aucunement à narrer ce douloureux fait social. Elles ne gardent que l’idée de la destruction qui de peinture en peinture se présente sous différents aspects, différentes humeurs et couleurs.
Tels des châteaux de cartes, les constructions humaines s’écroulent et disparaissent en un instant.
Disparaissent aussi les couches de peinture sous les coups de pinceau.

Mais cette désintégration incessante qu’elle soit picturale, architecturale ou sociale n’a rien de négatif. Bien au contraire. Elle donne au peintre la possibilité de reconstruire : chaque couche de peinture régénère la précédente, ce qui se défait se refait en permanence.