PHOTO | EXPO

Dress/stories

24 Avr - 09 Juin 2012
Vernissage le 24 Avr 2012

Le travail photographique de Suzanne Hetzel se situe près des êtres et forme un recueil de fragments dont le prétexte est subjectif, c’est-à-dire toujours motivé par une rencontre. Son œuvre questionne la représentation de la réalité comme quelque chose d’ordinaire tout en étant complexe.

Suzanne Hetzel
Dress/stories

Dans son travail photographique, Suzanne Hetzel sonde l’intime et la relation à l’autre. Longtemps, elle s’est attachée à révéler l’intérieur des habitats des personnes qu’elle rencontrait au gré du hasard et qui acceptaient de l’accueillir. Leurs vêtements, leurs meubles, leur vaisselle, les chaises de leur cuisine ou l’intérieur de leur réfrigérateur ont fait l’objet de photographies «silencieuses» qui oscillent entre la nature morte et le plan cinématographique. Si l’objet est le sujet récurrent de ses photographies, il n’est pas pour autant fétichisé par le cliché.

L’artiste envisage les effets personnels des gens qu’elle photographie plutôt comme des vecteurs de gestes personnels et comme le questionnement de la complexité de la personnalité, du rapport à son image. «Le regard des hommes sur les objets avec lesquels ils vivent et leur pouvoir de représentation est l’axe central de mes travaux artistiques. L’objet ne m’intéresse pas pour lui-même ni pour sa textualité ou sa forme et encore moins pour sa valeur symbolique. Je le photographie parce qu’il est lié à un geste d’Homme. L’objet placé à tel ou tel endroit est pour moi issu d’un geste qui n’est pas lié à une évidence s‘expliquant et s’analysant d’une manière simple. Je vois en ce geste l’existence d’un espace vital qui ne relève pas seulement d’un besoin de confort, d’une recherche d’affirmation sociale ou de l’expression du goût. Avec leur air posé et bien ordonné sans autre intention apparente que d’être là, les objets ordinaires sont, à mes yeux, une marque discrète d’un territoire extraordinaire de l’Homme.» (Entretien de Suzanne Hetzel avec Célia Charvet, in Chaque chose a sa place, Le 19, Centre régional d’art contemporain, Montbéliard, 2004).

Cette approche de la sphère personnelle de l’individu, qui est presque d’ordre ethnologique, est fondée sur un dialogue entre l’artiste et ses hôtes, dans lequel le temps passé ensemble compte autant que celui de la prise de vue. Suzanne Hetzel propose un usage de la photographie sur un mode collectif d’échange d’expérience et d’expression. Un processus de négociation se met en place pour préparer et définir les conditions de la participation de chacune des personnes photographiées. Qu’est-ce qui m’appartient et qu’est-ce que je suis prêt à montrer? Quelle image donne-t-on de soi?