ART | EXPO

Dominique Lambert

05 Juil - 16 Oct 2016
Vernissage le 05 Juil 2016

L’exposition «Dominique Lambert» au Carré d’art de Nîmes présente les résultats d’une expérience qu’a menée Stéphanie Solinas à partir des 191 personnes se nommant en France Dominique Lambert. Elle confronte leurs singularités avec l’uniformité de leurs représentations officielles : portrait-robot, portrait peint, photo, etc.

Stéphanie Solinas
Dominique Lambert

L’exposition «Dominique Lambert» présente au Carré d’Art de Nîmes tous les éléments et toutes les étapes d’un projet mené par Stéphanie Solinas, dans la continuité de son exploration des notions d’identité et de mémoire. La photographie en est le médium principal.

Le projet Dominique Lambert convoque toutes les techniques de représentation de l’identité et les utilise de façon exhaustive pour en interroger les limites. L’expérience a débuté par la constatation que Dominique et Lambert sont respectivement le vingt-septième prénom et le vingt-septième nom de famille les plus portés en France. Ainsi a été délimitée la population d’étude: les 191 Dominique Lambert répertoriés dans l’annuaire des particuliers français.

S’en est ensuivie une phase de recherches autour des analyses caractérologiques relatives au prénom Dominique: le caractère psychologique attribué aux personnes porteuses de ce prénom. Puis Stéphanie Solinas a envoyé un courrier à chacun des Dominique Lambert, pour leur demander de réaliser un test de personnalité et de remplir un portrait chinois.

Des experts ont ensuite été sollicités pour poursuivre le processus selon des méthodes et critères officiels. Un groupe composé d’un psychologue, un statisticien, un inspecteur de police, un juriste et un consultant en identité visuelle. Ce groupe dénommé «Comité consultatif pour la description des Dominique Lambert» a épaulé Stéphanie Solinas dans la rédaction d’un portrait écrit à partir du portrait chinois des Dominique Lambert ayant répondu à son courrier.

C’est à partir de ce texte que le peintre Benoît Bonnemaison-Fitte a dessiné un portrait, lui-même transformé en portrait-robot par un enquêteur de police de l’Identité judiciaire. Un modèle ressemblant au portrait-robot a finalement été photographié par Stéphanie Solinas.

La chaîne des représentations est ainsi menée à son terme, tous les outils officiels ont été utilisés, le système épuisé. L’exposition présente l’ensemble des documents ayant jalonné les différentes étapes: tous les visages de l’échantillon d’individus étudiés, les portraits chinois, les textes rédigés par Stéphanie Solinas, le portrait-robot, le portrait peint, la photographie finale…

La multiplicité des visages et des personnalités s’oppose à la simplification des schémas officiels. On mesure ce qui sépare les clichés de la représentation de la singularité irréductible des individus.