DANSE | SPECTACLE

Divine

17 Jan - 04 Fév 2012

Daniel Larrieu et Gloria Paris adaptent le roman de Jean Genet, Notre-Dame-des-Fleurs, sur la scène du théâtre de l’Athénée. Ils y fondent un langage où danse et texte se mêlent pour permettre la production d’un corps fantasmé, au croisement des identité comme des genres.

Daniel Larrieu, Gloria Paris
Divine

Notre-Dame-des-Fleurs raconte la vie d’un assassin de 16 ans à la beauté fulgurante, et notamment sa relation avec un travesti nommé Divine.
Ce roman évoque l’enfance et les créatures homosexuelles et ambiguës de la nuit du Paris d’avant-guerre. Il est publié la première fois en 1944.

« La Divine-Saga devrait être dansée, mimée, avec de subtiles indications. L’impossibilité de la mettre en ballet m’oblige à me servir de mots lourds d’idées précises, mais je tâcherai de les alléger d’expressions banales, vides, creuses, invisibles. » Notre-Dame-des-Fleurs, p. 36, Folio Gallimard

Ce projet est né du désir partagé d’un chorégraphe et d’une metteur en scène de faire résonner via le corps du danseur des extraits du premier roman de Genet, Notre-Dame-des-Fleurs, écrit de captivité et première oeuvre d’émancipation de l’auteur.
« Il » devient Divine après une enfance de jeune garçon à la campagne; il découvre le vocabulaire de la danse classique dans une revue et réinvente, en s’y réfugiant, un monde autant réel qu‘imaginaire, de toute façon sublime. Il se plaît à décrire les «bras en corbeilles que l’on voit faire à Nijinski sur les vieilles photos où il porte des roses déchiquetées».

Plus tard, Divine aime Mignon et l’entretient: «un beau mâle, violent et doux, né pour être mac». Mignon rencontre Notre-Dame-des-Fleurs, jeune assassin irrésistible. Divine est ému par la beauté fragile du jeune homme qui le virilise; il va de nouveau se travestir et s’inventer un corps d’homme !
Renversements multiples, goût de Genet pour le rêve transfiguré…

Le corps du danseur sert ici la puissance fantasmatique et le monde des possibles. Lieu de passage, il incarne le croisement des identités masculin/féminin, réalité/fantasmagorie, parole/mouvement. Le passage de la parole au geste, le croisement du théâtre et de la danse produisent un langage singulier inspiré de l’écriture pure et baroque de Genet.

«Tout a démarré un matin où par la fenêtre de ma chambre, levée bien plus tôt que moi, ma voisine me voit ouvrant les rideaux, je suis exposé nord, elle est exposée sud, je suis chorégraphe, elle est metteur en scène, me laissant le soin d’émerger, elle m’appelle un peu plus tard et me dit :
– Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, il faut que nous fassions quelque chose à partir de ce texte, un laboratoire qui associerait la danse et le théâtre. Une pratique où l’on pourrait voir du corps, et entendre la beauté du texte, sa structure, sa parole singulière.
– Mais je ne suis pas acteur, Gloria ? Danser, oui, sans aucun doute, mais prendre un texte à bras le corps !
Depuis, souvent les lundis, nous nous retrouvons à l’abri de ce qui se nomme une production dans un vertige de gestes et de mots dans le petit studio de répétition au métro Philippe-Auguste.
Nous travaillons à un croisement entre les deux pratiques de la voix et du corps dansant».
Gloria Paris et Daniel Larrieu Paris, 25 février 2011.

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