ART | EXPO

Dianne Hagen

05 Juin - 31 Juil 2004

Des compositions déroutantes, agressives et souvent organiques. Des travaux composites ne renvoyant à rien de connu mais qui éveille d’étranges résonances, réminiscences de l’enfance. Des sculptures/dessins aux formes abstraites associant morceaux de peluches, de tissus, de plastique. Là où l’imaginaire prend le pas sur la raison.

Dianne Hagen

Avec ses compositions insolites, déroutantes, l’artiste hollandaise Dianne Hagen se laisse difficilement cloisonner. Ses œuvres, que l’on peut qualifier de sculpturales, sont selon les matériaux utilisés (clous, raphia, tôle, plastique, silicone…) agressives, souvent organiques, toujours intrigantes. Ses travaux composites nous déconcertent au premier abord par leur forte présence physique, leur évocation à la corporalité.
Les compositions de Dianne Hagen ne renvoient à rien de connu et restent indéfinissables. Elles intriguent, déroutent, séduisent, repoussent, mais il faut d’abord prendre le temps de les regarder. Chaque sculpture éveille d’étranges résonances en nous, parfois issues de l’enfance, ou encore de l’ordre de l’intime.

Lors d’un accrochage à la Galerie Nelson en 2003, l’artiste présentait une sculpture faite à l’aide de 2 ventilateurs gonflant deux morceaux de voile en plastique sous lesquels se dévoilaient deux compositions en plâtre rose, formes et couleurs évocatrices de l’anatomie féminine. Sans titres, les oeuvres de Dianne Hagen gardent leur mystère. L’artiste ne nous donne pas de clés. C’est à chacun de ressentir l’oeuvre.

Pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie Nelson, l’artiste présentera une nouvelle série de sculptures/dessins en 3 dimensions : sur le principe du test de Rorchar, l’artiste compose des formes abstraites, silhouettes de papillons, personnages atypiques… Elle y ajoute ensuite des morceaux de peluche, de tissu, de plastique et ces extensions créent un réseau morphique où l’imaginaire prend le pas sur la raison. On peut y voir une fleur, là un oiseau. L’appréhension de ces compositions se fait par le regard. L’artiste chercherait-elle à nous tester ? Que doit-on y voir ? Qu’est-ce que ces oeuvres vont nous révéler sur nous-même? Comme dans un jeu, une vidéo, en dessous de laquelle est inscrite en lettres noires: «what more do you want?», nous interroge et nous implique au-delà de la simple expérience visuelle.

Les œuvres de Dianne Hagen se placent dans l’expérimentation et la perception avant d’être dans la compréhension. Elle nous invite à aller au-delà des apparences, dans un univers faits de sensations et de réminiscences, où l’état premier de la matière est déjà une forme de vie. On finit par s’interroger sur la définition que l’on peut alors donner à ces objets : se définissent-ils par la forme? le matériau utilisé? le goût? le toucher surtout? Dianne Hagen nous invite à faire l’expérience de la sensation avant celle du langage.