ART | EXPO

Destiny

04 Fév - 28 Mar 2015
Vernissage le 04 Fév 2015

Julie Béna présente un nouveau dispositif où des éléments fonctionnels de design de bureau ou d’espace public intérieur sont traités comme composants d’un collage digital. Cet ensemble de pièces reliées les unes aux autres possède une indéniable duplicité et constitue autant de scénarios à écrire, d’espaces à inventer.

Julie Béna
Destiny

La première impression est celle du cadre d’une entreprise. Transparence et réflexion du verre, froideur et âpreté de l’inox brossé, néons de lumière du jour, moquette retenant le son. «Destiny» inclut des formes de seconde main, «Destiny» est une fabrication citationnelle. Mais leur reconnaissance est troublée, non par une mauvaise contrefaçon, mais par un certain basculement.

Des éléments fonctionnels de design de bureau ou d’espace public intérieur sont traités comme composants d’un collage digital. Arbitrairement combinés, sélectionnés, copiés-collés, coupés, multipliés.

Le travail de Julie Béna, quelle que soit la forme qu’il revêt, de l’image au son, de la performance à l’installation in situ, est fait d’emprunt au langage, aux dispositifs du théâtre, à la pratique du jeu, ou encore à la culture populaire. Il perturbe l’espace et le temps de l’exposition pour les faire basculer du connu à l’inconnu, de l’ordinaire à l’extraordinaire et provoquer ainsi certaines perturbations dans nos habitudes perceptives et les codes qui les régissent.

Le transitoire et l’artifice de ses mises en scènes confèrent aux objets et au mobilier à «l’esthétique corporate» qui les constituent, une indéniable duplicité. Ultra design, ils sont tout autant des artefacts en équilibre et en tension sur une frontière inframince entre ce qui est et ce qui n’est pas, mais pourrait être.

Perçus dans un premier temps comme des objets et des éléments de mobiliers disposés dans des configurations usuelles à investir, ils apparaissent dans un second temps mus par une énigmatique étrangeté. Leur présence indicielle, les relations qui s’établissent entre eux dans des mises en situation à la précision extrêmement soignée, sont autant de vecteurs chargés par les potentialités de multiples fictions à inventer, par le spectateur, par l’artiste elle-même.

Pour cette première exposition personnelle dans un centre d’art, Julie Béna présente un nouveau dispositif, jalon d’un ensemble de pièces qui reliées les unes aux autres constituent autant de scénarios à écrire, d’espaces à inventer.