DESIGN | EXPO

Design & Archétypes

26 Jan - 29 Mar 2008
Vernissage le 26 Jan 2008

Ouvert au public depuis janvier, le Showroom Haute Définition questionne les Archétypes en design à travers les créations de Konstantin Grcic, Michele de Lucchi, Enzo Mari ou Ettore Sottsass. Un retour aux sources de l’objet.

Achille Castiglioni, Konstantin Grcic, Michele de Lucchi, Naoto Fukasawa, Enzo Mari, John Pawson, Timo Sarpaneva, Ettore Sottsass

Design & Archétypes

Quand il présente sa chaise Miss Trip, Philippe Starck nous dit qu’elle est « l’archétype de la chaise de cuisine sur laquelle maman servait le café au lait ». On n’achète pas une chaise, mais l’odeur du café au lait et la maman en prime.

Par définition, un archétype (du grec arkhetupon « modèle primitif » et du latin archetypum) est, en littérature et en philosophie, un modèle général représentatif d’un sujet. L’archétype n’est pas défini d’après des moyennes mais d’après les caractéristiques intrinsèques, propres et identitaires communes à tous les sujets particuliers affiliés au sujet général.

« L’archétype bien fait ne parle pas du passé : il parle d’une mémoire continue, non datée… Il est issu de la plus grande mémoire commune. Elle n’est jamais vulgaire : elle est humaine… Je parlerai d’archétype « sentimental ». La question actuelle la plus intéressante consiste à se demander comment bonifier l’objet d’usage par l’affinage du sentiment issu de la mémoire.
La question de l’archétype permet des objets plus discrets à la vue, mais plus riches au ressenti. À l’heure actuelle, ce travail ne peut être concurrencé que par l’innovation technologique, c’est-à-dire par une nouvelle matière, un nouveau procédé qui peuvent amener un nouvel objet, un nouveau type, une nouvelle fonction. L’intérêt de retravailler un archétype, c’est de l’améliorer techniquement » (Philippe Starck ).

« Les archétypes impliquent l’adoption d’un langage très simple, typologique, qui peut être reconnu par presque tout le monde. Ils ont la capacité de produire une communication très forte. C’est là leur rôle » (Andrea Branzi).

« L’archétype n’est pas une formule, ce n’est pas une structure ; c’est une image qui, le plus souvent, parle d’origines imaginaires. En design industriel, l’archétype est une façon d’aller au-devant des gens avec un produit. C’est une façon de se faire comprendre. L’archétype est une image qui s’impose à un groupe de gens, à un moment donné ; elle est fluctuante, on est toujours en-deçà ou au-delà de cette image que nul ne sait matérialiser. Mais il est également impossible de la recomposer, c’est ce qui fait sa force : on ne recompose pas la chaise à quatre pieds, même si le modèle est bête et qu’une autre structure fonctionnerait mieux. La quête de l’archétype est vaine. On est incapable de faire un design autre que local. Et pourtant, on ne peut pas non plus l’ignorer » (Martin Szekely).