DESIGN | EVENEMENT

Design Parade 6

01 Juil - 02 Oct 2011
Vernissage le 01 Juil 2011

Autour d'un concours international ouvert aux jeunes designers, le festival Design Parade 6 réunit expositions et rencontres de créateurs, professionnels, publics et journalistes.

Stefan Diez, François Dumas, Adrien Rovero, Pierre Charpin, Hella Jongerius, Jaime Hayon, Ettore Sottsass, Martin Szekely, Antoine Boudin, Guillaume Delvigne, Oscar Diaz, Benjamin Graindorge…
Design Parade 6

Stefan Diez, Le Réel, la participation, le temps
À travers deux exemples, celui des chaises Chassis, Houdini et 404F et celui du sac Papier, le designer allemand Stefan Diez expose à la villa Noailles son travail: de la conception à la fabrication. Stefan Diez sera également le président du jury du concours Design Parade 6 et participera à une conférence pendant le festival.

Glass Scene, Le Verre contemporain par 27 designers

Design Parade propose un panorama sélectif de lampes et de vases contemporains en verre. On y retrouve des pièces de designers accomplis tels Ronan & Erwan Bouroullec, Pierre Charpin, Hella Jongerius, Jaime Hayon, Ettore Sottsass, Martin Szekely et d’acteurs de la nouvelle scène du design comme Big Game, BL119, Antoine Boudin, Guillaume Delvigne, Oscar Diaz, Benjamin Graindorge… L’exposition met principalement en avant les savoir-faire et les processus de création de quatre institutions: deux manufactures d’exception, les cristalleries Baccarat et Saint-Louis et deux centres de recherche, le Ciav (Centre international d’art verrier) de Meisenthal et le Cirva (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques) de Marseille.

Adrien Rovero et Sèvres — Cité de la céramique, Les Plaques

Chaque année, Design Parade expose un designer en résidence à Sèvres. Après Ettore Sottsass, Pierre Charpin, Christian Biecher et Naoto Fukasawa, exposés lors des précédentes éditions du festival, cette année, le designer suisse, Adrien Rovero exposera le fruit de sa collaboration avec la manufacture qui lui a commandé un ensemble de formes blanches en porcelaine émaillée. Le résultat: trois plaques destinées à recevoir les décors imaginés par d’autres créateurs.

François Dumas, Positifs dispositifs

Lauréat du Grand Prix du jury Design Parade 5, en 2010, François Dumas, qui vit et travaille à Eindhoven, Pays-Bas, exposera son travail réalisé au cours de l’année 2011. L’exposition présentera notamment le développement de sa chaise Sealed Chair, grâce à laquelle il a obtenu le Grand Prix l’année dernière et le fruit de ses collaborations avec Sèvres — Cité de la céramique (Superimposedvases) et Camper (Lace Shoe). C’est dans le cadre de son prix, que François Dumas a participé, en juillet 2010, au workshop Camper à Majorque et développe, depuis septembre 2010, un projet de recherche d’un an à Sèvres — Cité de la céramique.

Verre Session, Workshop

La Villa Noailles a proposé à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims d’exposer une sélection de pièces issues de deux workshops qu’elle a organisés en 2011 sur le thème du verre soufflé. Le premier, sous la direction de David Dubois, s’est déroulé au Centre International des Arts Verriers de Meisenthal dans les Vosges. Les étudiants y ont découvert les techniques de travail du verre à chaud et la moulothèque du Ciav, point de départ de ce workshop: «Sortir du moule». A l’occasion de ce workshop les etudiants de l’Esad de Reims ont donné libre cours à leur imagination et conçu des objets-empreintes qui gardent la trace des moules, des matériaux et des gestes qui les ont produits. Le second workshop, sous la direction de Renaud Thiry et coordonné par Patricia Ribault, a eu lieu à Murano, en partenariat avec l’entreprise Salviati, qui a choisi le thème de «l’objet lumineux». Les étudiants dont les propositions ont été retenues sont partis à Venise réaliser leurs prototypes, où ils ont été conseillés par le designer et décorateur sur verre Norberto Moretti, ainsi que par Dario Stellon, responsable d’atelier chez Salviati. L’ensemble du workshop a été filmé et un court documentaire est présenté lors de l’exposition.

Le Rode, Workshop

«De décembre 2010 à avril 2011 le Conseil général du Var m’a invité à être artiste résident du département et à mener un atelier au sein de l’Esart. Dans la continuité de mon travail j’ai donc proposé aux étudiants de partir à la découverte de l’objet et de leur environnement: la Provence et plus spécifiquement Toulon et ses alentours. J’ai voulu leur montrer que l’on pouvait faire avec peu et quasiment sans frais, qu’autour d’eux notre région regorgeait de ressources riches et passionnantes et que toutes, avec une idée et du travail, pouvaient devenir objet. A travers la nature et les savoir-faire les étudiants ont donc abordé une nouvelle façon de travailler allant de l’appropriation d’un matériau jusqu’à la réalisation d’un prototype.» (Antoine Boudin)

Charles et Marie-Laure de Noailles, Une vie de mécènes

L’ouverture de l’exposition permanente consacrée au mécénat et aux liens de Charles et Marie-Laure de Noailles avec l’avant-garde artistique est loin d’avoir été pensée comme une fin: il s’agit, bien au contraire, d’un début. Les commissaires Raphaèle Billé, Stéphane Boudin-Lestienne et Alexandre Mare continuent leurs recherches autour de ce mécénat et vont livrer au public quelques-unes de leurs dernières découvertes. Alors qu’on imaginait tout savoir sur ce mécénat, de nouvelles pistes apparaissent, de nouveaux croisements sont découverts complexifiant la carte du rhizome relationnel et intellectuel du couple. Empruntées auprès d’archives institutionnelles ou de collectionneurs privés, de nouvelles oeuvres, rarement exposées au grand public, viendront dialoguer avec les sculptures de Giacometti, une sculpture de Man Ray, des oeuvres de Georges Hugnet, un portrait de René Crevel par Valentine Hugo, de nouveaux collages de Max Ernst. Le mécénat littéraire sera cette fois illustré par l’exposition du manuscrit de L’histoire de l’oeil de Georges Bataille acquis en 1929 par les Noailles. Dans le Salon rose, désormais dédiés pour chaque nouvel accrochage à un artiste en particulier, sera présenté un ensemble exceptionnel de Jacques Lipchitz, dont la sculpture Figure Debout de 1916 qui n’avait pas été exposée depuis 1930. De nombreux documents, manuscrits, éditions originales, photographies viendront dévoiler les dernières découvertes, et notamment le mécénat et les relations entre les Noailles et de jeunes galeristes des années 60 et 70, comme Iris Clert ou Dino di Meo qui deviendront deux des galeristes phares du renouveau artistique français. Ces nouvelles données non seulement appellent à de nouvelles interprétations mais offrent l’occasion, une fois de plus, de re-évaluer l’importance d’un mécénat qui traversa le XXe siècle.

Moustache, Alphabet

En avril 2009, une nouvelle petite maison d’édition française de design apparaissait au salon de meuble de Milan. Au titre battant, Moustache!, créée par deux jeunes entrepreneurs, Stéphane Arriubergé et Massimiliano Iorio. Ils avaient dans leurs bagages l’entreprise Domestic, spécialisée dans les stickers muraux autocollants, où se sont exprimés une centaine de graphistes internationaux. Mais avec Moustache, ils passent de la création à plat à la 3D; pour éditer meubles et objets. Leur credo? Choisir une équipe de designers —Matali Crasset, Inga Sempé, Big Game, Ana Mir et Emili Padros, François Azambourg— qu’ils «élisent» pour travailler «en affinités et dans le plaisir ». Surtout, ils définissent une identité à leur enseigne: face à la surproduction d’objets, ils souhaitent retrouver la valeur affective, patrimoniale des objets, qu’ils défendent comme «élémentaires», «économes», souvent pliables. Et ouverts à l’expérimention. Leur famille de créateurs s’est élargie à de plus jeunes talents, Ionna Vautrin, Benjamin Graindorge, Sébastien Cordoleani. Invité à la Villa Noailles pour Design Parade 6, Moustache présente sa jeune saga, audacieuse dans un marché français étroit. De la chaise Bold de Big Game, leur mascotte phare, à leurs dernières pièces inédites, comme la lampe rupestre Bûche de François Azambourg ou le miroir Oeil de sorcière de Ionna Vautrin. A la Tour des Templiers, à Hyères, les designers Philippe Dutto et Florence Bechet mettent en scène, telle une pyramide, cette nouvelle collection.

(Anne-Marie Fèvre, journaliste à Libération)