ART | EXPO

Des pas dans l’escalier

11 Oct - 23 Nov 2014
Vernissage le 10 Oct 2014

«Des pas dans l’escalier» s’articule autour d’un ensemble d’œuvres qui sont récemment entrées dans la collection du Frac Basse-Normandie. Esthétique du désenchantement et de la perte de repère, plus directes et provocantes ou encore explorant des formes abstraites, elles laissent au visiteur le soin de dessiner son propre parcours sensible.

Peter Buggenhout, Koenraad Dedobbeleer, Ida Ekbald, Dominique Figarella, Gregory Forstner, Ian Kiaer, Emmanuelle Lainé, Olivier Nottellet, Jacqueline Salmon, Bruno Serralongue, Taroop & Glabel
Des pas dans l’escalier

L’exposition «Des pas dans l’escalier» au Frac Basse-Normandie donne à voir la richesse et la diversité de la collection du Frac dans un ensemble d’œuvres récemment entrées dans la collection. Esthétique du désenchantement et de la perte de repère, plus directes et provocantes ou encore explorant des formes abstraites, les œuvres laissent au visiteur le soin de dessiner son propre parcours sensible.

Dans la première salle, l’élément feu pourrait créer cependant un lien entre elles. L’imprimante (le feu éteint) d’Olivier Nottellet s’apparente à une «allégorie» contemporaine d’une chaîne de production dont le bois, le papier, l’imprimante, le bureau seraient les principaux acteurs. Tout aussi domestique, le simulacre d’un poêle de Koenraad Dedobbeleer présenté dans l’espace d’exposition, sème le doute chez le visiteur quant à sa fonctionnalité première. Comme toujours dans sa dynamique d’une abstraction en butte à la représentation, Dominique Figarella met sa peinture à l’épreuve des matériaux et supports contemporains dans un geste subrepticement lyrique. Enfin, les photographies de la série Vestiges (Calais) de Bruno Serralongue portent témoignage de la perte du feu.

Le collectif Taroop & Glabel se livre à une critique de la conception matérielle du bonheur de «l’homme moyen» (accès à la propriété, loisirs, consommation de masse) et s’amuse de la religion en détournant un reliquaire moyenâgeux en niche de chien en plastique. Dans une grande peinture aux couleurs dérangeantes et quasi obscènes, Gregory Forstner déploie un univers influencé par la fable et les récits allégoriques où l’animal (ici, le chien) a remplacé l’humain. Cette métamorphose atténue partiellement la gravité et la tension palpables de la scène représentée.

Le temps de l’atelier mais aussi de la construction des formes et de leurs incertitudes trouvent leur place dans les œuvres de Ian Kiaer, Emmanuelle Lainé, Ida Ekblad ou encore celle de Peter Buggenhout dans une deuxième salle. Dans son installation, Ian Kiaer questionne l’agencement et les possibles résonances des formes entre elles, d’autant plus qu’elle assemble ici une peinture toute en finesse et des éléments d’architecture de rebut. À partir de son atelier et des formes et objets qui l’habitent, Emmanuelle Lainé réalise des sculptures qui n’existent que le temps de leur prises de vue, immortalisées par un photographe professionnel.

Des morceaux de plastiques ou de fer, des câbles clinquants deviennent chez Ida Ekbald les sujets d’une composition poétique et harmonieuse sur plaque de béton. Peter Buggenhout compose, quant à lui, avec les incertitudes du monde, façonne des sculptures qu’il dit «abjectes» à partir de rebuts d’objets et de matériaux qu’il recouvre de matières organiques ou de poussière. Le résultat pose une forme indéterminée à l’esthétique chaotique. Enfin, les photographies de Jacqueline Salmon de la série Le Hangar témoignent, comme celles de Bruno Serralongue, de la réalité des conditions de vie des migrants aux alentours de Calais.