ART | EXPO

Decorum. Tapis et tapisseries d’artistes

11 Oct - 09 Fév 2014
Vernissage le 10 Oct 2013

«Decorum» présente des œuvres tissées, souvent insoupçonnées, d’artistes majeurs et le travail d’artistes méconnus. Des pièces anonymes sont également exposées afin de déceler des influences et d’engager des confrontations. Objets esthétiques et fonctionnels, tapis et tapisseries transcendent les frontières des arts décoratifs et du design.

John Armleder, Le Corbusier, Dewar & Gicquel, Nathalie Du Pasquier, Ryan Gander, Helene Frances Gregor, Fernand Léger, Pablo Picasso
Decorum. Tapis et tapisseries d’artistes

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris met l’art textile en lumière avec l’exposition «Decorum» qui présente plus d’une centaine de tapis et de tapisseries signés par des artistes modernes (Fernand Léger, Pablo Picasso) et contemporains (Dewar & Gicquel, Vidya Gastaldon).

«Decorum» permet de découvrir les œuvres tissées, souvent insoupçonnées, d’artistes majeurs et le travail d’artistes injustement méconnus (Guidette Carbonell). Des pièces anonymes de différentes époques et régions sont également exposées afin de déceler des influences et d’engager des confrontations.

Objets à la fois visuels et tactiles, esthétiques et fonctionnels, facilement transportables (Le Corbusier qualifiait ses tapisseries de «Muralnomad»), tapis et tapisseries transcendent les habituelles frontières des arts décoratifs et du design.

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, les peintres se limitaient au dessin du carton destiné à être tissé ou à la représentation de tapis orientaux dans leurs tableaux (Lotto, Holbein, Delacroix). Au cours du XXème siècle, les avant-gardes artistiques européennes révolutionnent l’esthétique et la technique de l’art textile. Les artistes tissent eux-mêmes leurs tapis en faisant référence à des pièces anciennes ou en utilisant des motifs ethniques et géométriques.

Souvent porteurs d’un message politique ou féministe à partir des années 1960, tapis et tapisseries suscitent un regain d’intérêt sensible depuis les années 2000. De jeunes artistes contemporains comme Caroline Achaintre ou Pae White produisent des pièces tissées originales qui intègrent tradition, modernité ou influences extra-occidentales et expérimentent de nouvelles techniques, comme le tissage numérique.

L’exposition va ainsi à l’encontre des idées reçues présentant la tapisserie comme un art mineur ou anachronique. Elle permet par ailleurs de renouer avec une histoire peu connue du musée qui possédait un département Art et Création Textile dans les années 1980.

L’artiste londonien Marc Camille Chaimowicz, directeur artistique invité, conçoit la scénographie de l’exposition en collaboration avec Christine Ilex Beinemeier. Jean-Philippe Antoine, historien d’art, propose une playlist de musique «d’ameublement», diffusée en fond sonore dans l’exposition.

critique

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