ART | EXPO

David Hominal

12 Sep - 10 Oct 2015
Vernissage le 12 Sep 2015

Les tableaux de David Hominal forment un ensemble de façades où le rythme donne l’impulsion vitale. Un espace monochromatique forme l’arrière-plan de chacune de ses toiles. Les motifs sont scandés en séries, les couleurs perçues dans leurs tonalités, les gestes propulsés dans un seul élan.

David Hominal
David Hominal

L’infini est là. Chacun des tableaux de David Hominal exposé ici en est une manifestation. L’artiste ouvre un espace originaire où questionner le dedans et le dehors. C’est la naissance et l’ouverture; c’est la grotte et la trouée de lumière; c’est le retour vers la matrice pour dessiner sur les parois les formes d’un monde à connaître, pour traduire en signes les expériences et les phénomènes.

Les toiles de David Hominal forment un ensemble de façades où le rythme donne l’impulsion vitale. On y entend la peinture avant de la voir. Les motifs sont scandés en séries, les couleurs perçues dans leurs tonalités, les gestes propulsés dans un seul élan. La fenêtre tente de délimiter, d’encadrer, d’aménager un passage. Entre quels espaces-temps?

«Le tableau est une fenêtre sur le monde», écrivit Leon-Battista Alberti au XVème siècle (Leon-Battista Alberti, De la statue et de la peinture, A. Lévy éditeur, 1868). Les frontières des toiles pourraient lui faire écho si la pratique de l’artiste franco-suisse ne venait contredire cette affirmation.

«J’entre dans l’espace de la couleur par le monochrome», dit David Hominal. Cet espace monochromatique, qui forme l’arrière-plan de chacune des toiles, met en présence l’infini. Là où la vie se forme, s’informe, se déforme. Trépasse et renaît. On se souvient des mots de Vincent Van Gogh: «Il y a dans la peinture quelque chose d’infini […] Il y a dans les couleurs des choses cachées d’harmonie ou de contraste qui collaborent d’elles-mêmes et dont on ne pourrait tirer parti sans cela.» (Vincent Van Gogh, Lettres à son frère Théo, éd. Grasset, 2004.)

Le mystère de la couleur est ontologique avant d’être plastique. Les toiles de David Hominal nous élèvent à ce niveau-là pour, ensuite, poser la question du réel. La fenêtre en est le cadre. Elle apparaît à l’avant-plan, ouverte ou fermée, inondée de lumière citron ou perdue dans un gris de rayogramme photosensible.

La fenêtre est l’espace qui rend possible la rencontre avec le réel, voire «l’irruption de la réalité», selon les mots du peintre allemand Gerhard Richter. David Hominal, dans une intuition magistrale, donne à voir que le réel n’est accessible que par le fantasme, ce petit roman de poche que chacun se raconte selon sa singularité. Autrement dit, il n’y a pas d’autre accès à l’infini que la fenêtre. Y entrer, c’est pouvoir élire foyer dans le feu des motifs dansants que David Hominal nous ramène de loin, de très loin. Ils sont des trésors car ils sont les fruits d’une traversée primale où la peinture a permis à l’artiste de ne pas se noyer dans la couleur.

Annabelle Gugnon

Vernissage
Samedi 12 septembre 2015