DANSE | BIENNALE

Danses exposées. 19e Biennale de danse du Val-de-Marne

01 Mar - 05 Avr 2017

Dix-neuvième biennale de danse du Val-de-Marne, « Danses exposées » propose lors de cette nouvelle édition créations, premières en France ou en Ile-de-France, et reprises de pièces du répertoire.

Dix-neuvième biennale de danse du Val-de-Marne, « Danses exposées » propose trente-trois spectacles se déroulant dans plus de vingt lieux situés dans le Val-de-Marne et, plus largement cette année, en Ile-de-France. Quatre créations, six premières en France ou en Ile-de-France, et des reprises de pièces du répertoire sont au programme de cette nouvelle édition.

« Danses exposées » : les créations

Avec Tu, el cielo y tu, Catherine Berbessou prolonge deux de ses précédentes pièces, avec A Fuego lento (1996) et Valser (1999), pour traiter de la relation amoureuse, notamment du rapport physique à autrui, en conjuguant tango et gestuelle contemporaine.

Anne Collod, quant à elle, présente Exposure, un spectacle singulier se déroulant dans un site industriel habituellement fermé au public, pour s’interroger sur la notion d’énergie à l’heure où apparaissent les effets concrets des transformations irréversibles du changement climatique. Pour ce faire, Exposure combine chorégraphie, lumière, et son, tout en s’inspirant notamment du travail de chorégraphes telles Anna Halprin, Simone Forti, Trisha Brown, Meg Stuart, ou Jennifer Lacey.

Accompagné de la pianiste Claudine Simon, Sébastien Laurent propose dans Soli.des de mettre en avant la relation charnelle de la danse et de la musique, nos technologies numériques tendant à rendre caduque les idées mêmes de matière et de solidité.

Quatrième création, Moto-cross de Maud Le Pladec est une pièce d’inspiration biographique. Associant danse, musique, et texte, Moto-cross rassemble des textes d’Eléonore Weber, Vincent Thomasset, et Maud Le Pladec elle-même. Comme le dit cette dernière : « Moto-cross parle de l’enfance, de l’intime et du politique, de l’émancipation sociale, de toute une époque en fait. La pièce parle également de motocross, qui était la passion de mon père, et ma hantise. Mais est-ce qu’on ne se construit pas finalement à partir de ce qu’on rejette ? »

« Danses exposées » : premières en Ile-de-France

Parmi les premières en Ile-de-France, la pièce de Christian Ubl, Stil, trouve son inspiration dans la modernité culturelle viennoise, et plus précisément, le mouvement de l’Art nouveau, avant que l’Europe ne sombre dans toute première guerre moderne et ne s’effondre l’Empire austro-hongrois.

Présentée en partenariat avec le festival « Concordan(s)e », Autoportrait(s) est la rencontre d’une chorégraphe et d’un écrivain, de Maud Le Pladec et Pierre Ducrozet, qui mettent en scène dans cette création partagée leurs échanges successifs.

Pièce intimiste, A mon père, une dernière danse et un premier baiser de Radhouane El Meddeb est dominée par la figure du père. Père mort auquel il s’adresse pour lui confier ses tourments, ses interrogations, et sa peine.

Dans Albertine, Hector et Charles, Denis Plassard met en scène trois marionnettes, sortes de réincarnations des personnages de Suivez les instructions, un spectacle destiné au jeune public créé en 2015. Damnés, Albertine, Hector et Charles se retrouvent en enfer, transformés en pantins sans vie. Jeu de marionnettes en trois dimensions, Albertine, Hector et Charles multiplie les effets d’illusions.

Chorégraphe burkinabais, Seydou Boro présente Figninto, l’œil troué. Si en langue bambara, « figninto » signifie l’aveugle, Seydou Boro nous convie dans cette pièce à ne plus être insensible à l’amitié ou à la mort, par-delà la frénésie de nos existences sociales. Il importe de prendre le temps de regarder.

Résultat de la collaboration entre les chorégraphes Christian et François Ben Aïm, le compositeur Ibrahim Maalouf, et le metteur en scène Guillaume Poix, Brûlent nos cœurs insoumis souligne l’idée de fraternité et la nécessité de s’insurger contre l’injustice.

Enfin, le chorégraphe et danseur nigérian Qudus Onikeku présente We Almost Forgot, pièce prolongeant ses recherches sur les émotions corporelles. Qudus Onikeku met en avant la manière dont notre corps se souvient des traumatismes passés que notre conscience s’astreint à oublier, dans ce spectacle pour six danseurs qui conjugue danse, récit, et chants.

De Jérôme Bosch : le jardin des délices à The spleen

Cette nouvelle édition de « Danses exposées » s’ouvre avec la pièce de Marie Chouinard, Jérôme Bosch : le jardin des délices, présentée en France pour la première fois. Spectacle créé à l’occasion du cinq centième anniversaire de la mort de Jérôme Bosch, Le jardin des délices met en scène dix danseurs pour entrer dans l’univers fascinant et onirique du peintre hollandais. Et Marie Chouinard de déclarer : « De la même manière qu’un chorégraphe peut partir d’une musique pour créer, je pars du tableau de Bosch. Et de la même manière qu’un chorégraphe peut se « coller » (ou pas) à une partition musicale, j’ai choisi de me « coller » au tableau de Bosch, à son esprit. Face à un chef-d’œuvre, le bonheur de s’incliner ! »

Outre Jérôme Bosch : le jardin des délices, Marie Chouinard présente le solo Prélude à l’après-midi d’un faune et le ballet Le sacre du printemps. Elle sera aussi à l’initiative d’une conférence dansée, Présence et espace.

Avec Le tour du monde des danses urbaines en dix villes, Ana Pi, Cecilia Bengolea et François Chaignaud, proposent un véritable panorama pédagogique des danses à travers le monde. Grâce à des projections vidéo commentées, l’interprète de cette conférence dansée, Dalila Cortes, évoque la grande variété des danses pratiquées dans les rues de dix villes.

« Danses exposées » est aussi l’occasion de découvrir Concrete de Maud Le Pladec ; les courtes pièces de Yoann Bourgeois que sont Tentatives d’approches d’un point de suspension ; Kawral de Laurent Blondiau et Salia Sanou ; Gula de Vincent Mantsoe ; Le cri de la chair de Seydou Boro ; Métamorphose de Judith Olivia Manantenasoa ; Le kombi de Jeannot Kumbonyeki ; Ti Chèlbè de Kettly Noël ; Tschägg de Lucie Eidenbenz ; Vice versa et A Taste of Poison de la Compagnie Mossoux-Bonté ; La colline de Roy Assaf ; Deep Dish – The Perfect Garden Series de Chris Haring ; deux pièces de Boris Charmatz  Vingt danseurs pour le XXe siècle et, en collaboration avec Dimitri Chamblas, A-bras-le-corps ; le projet Dancing Museums des chorégraphes Tatiana Julien, Juan Dante Murillo, Fabio Novembrini, Connor Schumacher et Lucy Suggate ; Au temps où les Arabes dansaient de Radhouane El Meddeb ; The Spleen de Frank Micheletti et Charles Robinson, un spectacle en partenariat avec le festival Concordan(s)e.