PHOTO

Daisy Reillet

PMarguerite Pilven
@12 Jan 2008

Le goût des jolies choses conduit Daisy Reillet à prendre des clichés de petits détails du quotidien qu’elle transfigure par le choix de points de vues inédits. Cette réalité banale devient alors l’occasion d’une expérience esthétique surprenante.

Cette architecte de métier est sensible aux rapports de l’espace et de la couleur, aux questions de mouvement et de fluidité. Petite fille d’un grand-père réparateur de cellules photographiques, fille d’un photograveur, elle se met également à réaliser des photographies de manière spontanée, portée par un goût de l’observation attentive du monde, une acuité de regard sur les détails sensibles. Elle ne quitte jamais son petit appareil, avec lequel elle fixe ces découvertes imprévisibles.

Des effets de condensation sur un film alimentaire, une flaque de lait ou un verre de vin rouge sont les choses banales qu’elle photographie, à partir desquelles elle réalise des images mystérieuses, extrêmement esthétiques. Difficile, en voyant une nébuleuse dessiner des circonvolutions sur un fond sombre, d’imaginer que celle-ci procède de l’observation d’une flaque de lait…

Les éléments choisis pour ces compositions abstraites sont le plus souvent liquides, signalant une prédilection de l’artiste pour les matières changeantes et réfléchissantes. En photographiant de très près la surface humide du film alimentaire transparent, elle saisit la lumière rasante qui s’accroche aux fines gouttelettes et les fait briller comme des joyaux.

La photographe ne prépare donc jamais ses images. Elle prélève des fragments d’une réalité déjà là, en apprécie les qualités sensibles, selon un point de vue inédit, qui nous les fait voir différemment. La démarche procède essentiellement de cette aptitude à voir les choses et à les mettre en valeur au point de les transformer par le regard. Le message qu’elle nous livre est finalement celui-ci : savoir regarder le monde du bon bout de la lorgnette en découvre les beautés cachées.