ART | EXPO

Cuesta Verde

23 Mai - 30 Août 2014
Vernissage le 24 Mai 2014

Les œuvres de Rémi Groussin figurent un univers empreint de poésie et de narration où se croisent sculpture, cinéma, art, science-fiction et séries télé. Les matériaux, émotions ou événements, survenus dans le lieu qui les accueillent, sont autant de pistes dont s’empare l’artiste pour créer une histoire et donner une réalité à l’esprit du lieu.

Rémi Groussin
Cuesta Verde

Le centre d’art Pavillon Blanc présente la première exposition monographique de Rémi Groussin, un artiste représentatif de la nouvelle scène artistique toulousaine. Son œuvre se pose dans les lieux qu’elle aborde comme une humeur vagabonde. Des matériaux, des émotions ou des événements survenus dans les lieux qui l’accueillent tracent ainsi, la piste d’une histoire possible. Le spectacle semble omniprésent tant il recourt à des formes relevant de la performance et de la mise en scène; un personnage maquillé dans une œuvre, une estrade dans une autre, une parodie d’inauguration d’une sculpture publique ailleurs.

Ses derniers travaux élaborent pourtant un univers empreint de poésie et de narration où se croisent la sculpture et le cinéma, l’art, la science-fiction et les séries télé. Invité récemment en résidence dans le Tarn à Fiac, il réalisait près du lit d’une rivière Six feet under; une installation in situ composées de formes pyramidales en cours d’exhumation et recomposant une fouille archéologique. L’œuvre faisait autant écho aux sculptures minimalistes de John McCracken qu’à l’univers halluciné d’un «HP Lovecraft». Plus loin, un champ de stèles funéraires réalisées en parpaings sculptés apparaissait à l’orée d’un bois, composant une sculpture «low cost» à l’ambiance burtonnienne.

Parmi les lieux dont on ne sait plus s’ils appartiennent au monde réel où à la fiction on compte Cuesta Verde. Situé en Californie, c’est dans ce lieu figurant une banlieue périurbaine que fut tourné Poltergeist, en 1982, un film de Tobe Hooper réalisé d’après un scénario de Steven Spielberg. Dans ce film d’horreur fantastique, la réalité a parfois rattrapé la fiction. Ancien lieu de culte supposé, les événements survenus à certains acteurs ont ajouté au mystère, faisant se rencontrer les récits historiques, la diégèse filmique et les petites histoires.

Dans son travail, Rémi Groussin s’empare régulièrement de références cinématographiques pour donner une réalité à l’esprit d’un lieu. Actuellement en résidence à Nekatoenea, dans un lieu appartenant au Conservatoire du littoral, et surplombant les plages d’Hendaye, l’artiste fait ici du temps la matière de son travail. Un temps qui s’étire, appelle des souvenirs, se prête à la magie de petits tours et dessins en trompe l’œil, autant d’éléments qui constitueront la base de ce projet d’exposition. «Cuesta Verde» résonne comme un dépassement de la fiction par la réalité.