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Corinne Mercadier

La photographe française Corinne Mercadier explore la démarche artistique poétique de l’artiste qui, depuis une quinzaine d’années, évoque la fragilité des paysages et de la présence des êtres.

Information

Présentation
Armelle Canitrot, Magali Jauffret
Corinne Mercadier

Extrait de la préface d’Armelle Canitrot
« Je me souviens que les Glasstypes (1997-1999) me laissèrent bel et bien de glace. Rien perçu. Rien senti. Rien compris. L’histoire aurait pu s’arrêter là, s’il n’avait suffi d’Une fois et pas plus (2000-2002) pour que la morosité se métamorphose en enchantement. Jusqu’à provoquer mon désir de remonter le temps vers les Paysages (1992-1994) des origines. Jusqu’à me conduire à apprécier rétroactivement en chemin ces Glasstypes qui m’avaient laissée hors-jeu. Vivant finalement ni plus ni moins cette expérience exigeante de l’art contemporain, qui nécessite de se dépouiller de ses propres certitudes et d’accepter la lente initiation du doute, pour faire partie du voyage. […]
Créant des perturbations ludiques dans la vie quotidienne, [Corinne Mercadier] invite régulièrement ses proches à participer à ses mises en scènes photographiques où, déchargé de son rôle d’enfant ou d’adulte, chacun d’entre eux oublie soucis et tensions et retrouve l’insouciance dujeu et la plongée dans le merveilleux. Avec d’autant plus de désinvolture qu’à la différence d’une photo de famille où chacun se doit d’être bien reconnaissable, ce sont ici simplement leurs «présences» qui sensibilisent la pellicule, leurs «doubles» dans lesquels personne ne se reconnaît, mais auxquels tout le monde peut s’identifier.
Puis vint finalement mon tour de pénétrer dans l’image. Ce fut à Pâques, au milieu d’un champ d’hiver aux lignes «giacomelliennes», qu’endossant comme un vêtement trop large pour moi les histoires suggérées par l’artiste, je vécus cette expérience singulière d’être dépossédée de moi-même et projetée dans un autre espace-temps. Transformée en sculpture vivante au milieu dun souffle d’or et de vent, clans ce curieux décloisonnement du «jeu», je traversais alors l’écran et rejoignais le monde des images et leurs étranges paysages. »

Magali Jauffret est journaliste, critique, auteur de documentaires, membre de la commission d’acquisition du Fond National d’Art Contemporain.
Armelle Canitrot est critique photographique et dirige le service photo du quotidien La Croix, et fut membre fondateur et rédactrice en chef du magazine photographique Pour Voir (2000-2001).