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Concrete

21 Nov - 24 Déc 2009
Vernissage le 21 Nov 2009

Il y a une ambivalence intrigante dans l’oeuvre d’Aurélie Foussard qui donne à ses photographies un caractère éminemment pictural. La lumière est son principal medium, le béton un matériau de prédilection. Les effets de la lumière sur cette matière, texturés, volatils et changeants, sont saisis dans un espace géométrisé presque abstrait.

Aurélie Foussard

Concrete

Il y a une ambivalence intrigante dans l’oeuvre d’Aurélie Foussard qui donne à ses photographies un caractère éminemment pictural. La lumière est son principal medium, le béton un matériau de prédilection. Les effets de la lumière sur cette matière, texturés, volatils et changeants, sont saisis dans un espace géométrisé presque abstrait. Par cette sorte de synthèse graphique, Aurélie Foussard sublime l’atmosphère particulière d’un lieu, l’émotion qui en émane, créant chez le spectateur un véritable choc visuel.

On comprend alors l’intérêt de la photographe pour les architectures de béton de Tadao Ando ou les lieux de culte dans lesquels la lumière est partie intégrante de l’architecture. Il y a d’ailleurs un côté monacal dans la façon d’Aurélie Foussard de révéler son sujet. Comme si elle souhaitait nous le rendre de la façon la plus pure, la plus vraie. A la façon d’un ascète tendant vers une perfection spirituelle, elle choisit des matériaux bruts, une lumière structurelle qui sublime le réel et un format carré.

Dans l’art concret, ce dernier est apprécié pour son caractère neutre. Aurélie Foussard semble d’avantage y trouver une expression de l’intégrité, de l’honnêteté.
D’un point de vue plastique, l’agencement de formes géométriques simples met en évidence la surface plane de l’oeuvre, renforçant son caractère pictural.

De loin, on croirait reconnaître une oeuvre de François Morellet. Il n’y a qu’à s’approcher pour voir apparaître les effets de matière, c’est alors qu’une troisième dimension perce délicatement la surface. Le trapèze se métamorphose en mur, le rectangle en fenêtre… et l’oeuvre prend toute sa mesure. Il y a une fragilité dans ce passage incertain à la troisième dimension qui n’est pas sans rappeler les «zips» de Barnett Newman, dans cette volonté d’atteindre l’image absolue, l’idée vraie.