ART | EXPO

Collections d’automne. Voyage sentimental 2

12 Sep - 12 Déc 2009
Vernissage le 11 Sep 2009

Animée du désir de montrer au grand public la diversité de leur programmation, la richesse des collections constituées depuis plus de vingt-cinq ans et l'ampleur des réseaux de diffusion tissés sur le territoire, la manifestation Collection d'automne invite à découvrir l'actualité de l'art et son infini potentiel de renouvellement à partir des projets des Frac.

Luc Andrié, Yto Barrada, Ben, Erik Dietman, Diller, Scofidio, Marcel Duchamp, Simonetta Fadda, Raymond Hains, Zoé Léonard…
Collections d’automne. Voyage sentimental 2

L’exposition s’inscrit dans le cadre de Collections D’automne proposant, de septembre à décembre 2009, un vaste panorama des activités des Fonds régionaux d’art contemporain membres de l’association Platform.

Dans le récit qu’il fait de son voyage en France, Sterne évoque une multitude d’objets qui sont autant de prétextes à la rencontre avec d’autres individus : une remise où sont entreposés des chaises de poste, une tabatière, des gants, un passeport, une épée, une lettre, une bourse, un placet etc. Curieusement, il manque à cet inventaire le seul objet qui soit consubstantiel au voyage même, la malle, dans laquelle sont rassemblés les biens les plus essentiels à la vie du voyageur.

Contemporain de Sterne, Casanova explique avec humour, dans Les plaisirs du voyage (1788), comment la malle est une véritable extension du corps du voyageur, puisqu’elle est ouverte et fouillée avant même son propriétaire, lui-même finalement mis à nu par les douaniers cherchant les produits d’un larcin survenu dans l’état qu’ils protègent. Cependant, la malle (ou le coffre) raconte encore l’aristocratie du 18ème siècle, riche et maîtresse de ses biens comme de leur circulation généreuse et de leur renouvellement presque indéfini.

Avec les avant-gardes du début du 20ème siècle, la valise va devenir le lieu même où la pensée et la création sauront naître, croître et se conserver : la fameuse Boîte en valise de Marcel Duchamp ouvre ainsi une histoire de l’art faite de contenants qui ne sont plus des « formes vides » séparées de l’existence de l’artiste, mais des métaphores vivantes de la création et de l’espace de sa pleine réalisation.

A l’encontre du « musée », qui valorise et enferme, l’art se veut sur les chemins d’êtres en déplacement perpétuel, en exil dans leur pensée et leur création, c’est-à-dire toujours potentiellement ouverts à l’universalité et à l’altérité considérées comme des absolus engageant la singularité des vivants, et non comme des valeurs sociales abstraites.