ART | EXPO

Le Paradoxe de l’iceberg

11 Mar - 22 Juil 2018
Vernissage le 11 Mar 2018

L’exposition « Le Paradoxe de l’iceberg » au Frac Ile-de-France réunit autour d’œuvres de Christine Deknuydt celles de vingt-cinq artistes internationaux représentatifs des principaux courants d’avant-garde des années 1960 et 1970 et de la création contemporaine, de Carl Andre, Joseph Beuys et Franz West à Jean-Luc Verna, Nina Canell et Evariste Richer. Des œuvres qui ont en commun l’attrait pour la matière brute, soumises à des altérations chimiques ou physiques.

L’exposition « Le Paradoxe de l’iceberg » au château du Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier, site du Frac Ile-de-France, accueille des œuvres appartenant à la collection du Frac Grand Large – Hauts-de-France de Dunkerque qui ont en commun d’être constituées de matières brutes soumises à des altérations.

« Le Paradoxe de l’iceberg » rend hommage à l’œuvre de Christine Deknuydt

A l’occasion de la réception cette année par le Frac Grand Large d’une donation des œuvres de Christine Deknuydt, l’exposition met en lumière la pratique de cette artiste dunkerquoise disparue en 2000 à l’âge de trente-trois ans. Cette pratique est marquée par l’utilisation de papiers utilitaires et de matières ordinaires qu’elle a hissés au rang d’objets esthétiques et artistiques. Sa recherche graphique et picturale repose sur l’exploration des effets de la matière, à la manière d’un chercheur dans un laboratoire de chimie.

L’aquarelle Le paradoxe de l’iceberg, qui a donné son titre à l’exposition, présente deux lignes de crêtes symétriques tracées en lavis bleu sur les bords du haut et du bas d’une feuille de papier, et qui semblent avoir été obtenues par pliage du papier en son centre. On y retrouve la forme de l’iceberg, motif récurrent dans l’œuvre de Christine Deknuydt, qui symbolise ce qui est masqué. A travers l’iceberg, l’artiste suggère autant les dimensions invisibles du réel que le phénomène du réchauffement climatique, en tant que manifestation du temps et de la transformation.

La matière au centre des œuvres de Carl Andre, Joseph Beuys et Evariste Richer

Autour des œuvres de Christine Deknuydt sont réunies celles de vingt-cinq artistes internationaux, l’exposition proposant ainsi un compagnonnage imaginaire entre l’artiste originaire du Nord et d’autres explorateurs du monde sensible. L’ensemble de sculptures Phalanx de Carl Andre, la peinture méditative Raw Sienna de Peter Joseph et l’installation Blue Sail de Hans Haacke sont représentatifs de l’art minimal, et de la large place qu’occupent les principaux courants d’avant-garde des années 1960 et 1970 dans la collection du Frac Grand Large, de l’art minimal aux mouvements Fluxus et de l’Arte Povera.

Le rapport à la matière varie entre les expérimentations de Pier Paolo Calzolari, Gilberto Zorio ou encore Nina Canell sur ses différents états ou de Mico Assaël sur les matériaux conducteurs d’énergie, les œuvres de Dennis Oppenheim, Lisa Oppenheim et Evariste Richer qui tentent de capter l’intensité de l’instant, celles de Nicolas Deshayes et Emmanuel Pereire qui favorisent le mouvement et la fluidité ou encore celles qui offrent un parallèle entre la présentation des matériaux et représentation symbolique, comme l’ensemble Drei Teile des Aktionssockels, 24 Stunden de Joseph Beuys, composé d’objets manipulés pendant un happening du mouvement Fluxus, l’installation Senza Titolo de Jannis Kounellis et les paysages La pluie s’abat sur le plat pays et Neiges éternelles de la Jungfrau réalisés en tuyaux en plastique et toile molletonnée par Gloria Friedmann.