ART | EXPO

Dancing Machines

02 Fév - 26 Avr 2020
Vernissage le 01 Fév 2020

Les passerelles entre les arts visuels et la danse sont nombreuses comme le montre l’exposition « Dancing Machines » au Frac Franche-Comté, à Besançon. Riche de nombreuses sculptures, installations, vidéos, photographies et peintures, mais aussi rythmée par des performances et des propositions chorégraphiques, l’exposition met en lumière la porosité entre les deux disciplines et offre une traversée des représentations du corps humain.

Avec l’exposition « Dancing Machines », le Frac Franche-Comté poursuit sa politique d’ouverture à la transdisciplinarité autour du thème du temps qui constitue depuis 2006 le fil rouge de sa programmation artistique. Parce que l’art contemporain lui-même tend à explorer d’autres disciplines liées à la question du temps, le Frac a depuis 2013 invité de nombreux chorégraphes à venir dialoguer avec ses expositions, mettant alors en lumière leur intérêt grandissant pour les arts visuels et les formes non scéniques et une grande porosité entre ces disciplines.

« Dancing Machines » : les liens entre les arts visuels et la danse

Ainsi l’exposition explore-t-elle le dialogue entre arts visuels et danse en retraçant leur évolution parallèle vers un effondrement des représentations traditionnelles du corps et vers plus de liberté et d’expressivité. Elle observe leurs croisements, entre des happenings et performances par lesquels les artistes font de leur propre corps une œuvre d’art et élargissent le champ plastique à celui de l’art vivant sans le rejoindre complètement, et des œuvres de chorégraphes qui s’inspirent du champ des arts plastiques et visuels.

Conçue d’après une idée de Florent Maubert, l’exposition s’intéresse au contraintes internes au corps et l’explore du corps articulé et manipulable tel un objet, au corps robotisé animé par les multiples possibilités des nouvelles technologies. Elle réunit des œuvres plastiques ou performatives d’artistes visuels et de chorégraphes autour de trois thèmes : le corps-rotule, le corps-objet et le corps technologique.

De Markus Raetz à Justine Emard , du corps manipulable au corps robotisé

La sculpture Mimi de Markus Raetz et la série photographique Sans titre (après Claude Cahun) d’Agnès Geoffray mettent en lumière la charpente osseuse du corps humain, affirmant une matérialité qui ouvre la voie à une réification du corps qu’abordent pleinement les œuvres d’Esther Ferrer, l’objet-sculpture La poupée de Hans Bellmer, l’installation Window display with insulting hands de Micha Laury et la pièce Orthopädie d’Anna et Bernhard Blume.

Les limites spatiales du corps humain sont au cœur de la sculpture Cesser d’être un de Laurent Goldring ; des installations de William Forsythe issues de la série des « objets chorégraphiques » sont conçues pour déclencher des actions de la part des spectateurs ; des œuvres comme l’installation Walk the chair de La Ribot et celle intitulée How does it feel de Tony Oursler font de l’objet un substitut du corps tandis que l’installation vidéo Co(AI)xistence de Justine Emard et la pièce La panoplie de défense, épaule droite de Christelle Familiari évoquent le corps augmenté ou technologique.