DANSE | SPECTACLE

Chorus

05 Déc - 06 Déc 2015
Vernissage le 05 Déc 2015

L’originalité de Chorus? Au lieu de faire évoluer des danseurs sur un fond musical, Mickaël Phelippeau met directement en scène les musiciens mêmes. Les chanteurs de l’ensemble breton Voix humaines devront relever le défi de jouer leur partition tout en dansant la chorégraphie de Mickaël Phelippeau.

Mickaël Phelippeau
Chorus

Un chorégraphe curieux des autres et un ensemble vocal accompli dans son art s’associent. Ensemble, ils explorent l’acte de chanter. En partant de la position classique des pupitres, debout, en demi-cercle, face au public, le groupe de chanteurs prend toutes les libertés. Avec seulement leurs corps et leur voix, ils proposent de nouvelles combinaisons du temps, de l’espace et du rythme. Il y a de la légèreté et de l’humour dans ce jeu de formes. Comment cela sonne-t-il de chanter couchés, en marchant à reculons, en enlaçant son voisin, ou encore en dansant en cercle ? Chaque mouvement de ce grand corps qu’est le choeur fait résonner différemment le motif musical.

L’ensemble breton Voix humaines, spécialisé dans l’interprétation a capella des répertoires anciens et contemporains, interprète la partition et s’approprie avec audace la chorégraphie de Mickaël Phelippeau. La courte pièce de Bach intitulée Nicht so traurig, Nicht so sehr, de variations en variations, prend une nouvelle couleur, étrange ou familière. L’artiste a écrit le spectacle selon un principe simple : tout est né d’un temps de rencontre avec les choristes et de la sensation puissante qu’il a éprouvé en les écoutant, d’être immergé dans le son. Un spectacle dépouillé de tout artifice, mais lisible par tous, qui met face à l’émotion du corps chantant et de la voix nue.

« Chorus s’inscrit dans la rencontre, moteur de mon travail, cette fois-ci avec vingt-quatre choristes. Chorus est pensé comme mouvement d’ensemble. En jazz, prendre un chorus, c’est aussi prendre un solo. On parlera d’ensemble vocal, on parle de danse chorale. Nous nous inscrivons dans une tradition du choeur, nous nous y confrontons, nous la détournons et focalisons sur une interprétation multiple, à partir d’un morceau aussi fameux que Nicht so traurig, Nicht so sehr de Bach.

Et si nous chantions en silence, nous playbackions, nous défiions des challenges, nous interprétions du répertoire le plus rapidement possible, nous nous essoufflions, «dniwer ne snoitnahc suon», nous étions un seul corps avecun seul coffre, nous étions soprano masculine, nous nous costumions à outrance pour être hyper lyriques.»