DESIGN | EXPO

Champions

11 Juin - 23 Juil 2011
Vernissage le 11 Juin 2011

Après avoir produit et exposé plusieurs pièces de Konstantin Grcic, tels Objet Manquant ou miroir Me, Myself and I, la Galerie Kreo accueille la première exposition personnelle du designer allemand. Huit tables, fuselées et alignées comme des voitures de formule 1, s'affrontent dans une course fictive.

Konstantin Grcic
Champions

« Je veux que les tables apparaissent comme des voitures de formules alignées sur la grille d’un départ d’un circuit automobile » déclare Konstantin Grcic, un matin de printemps 2011, dans son atelier de Munich.

L’occasion est celle d’un entretien qui nous permettra d’examiner les six tables nouvellement créées pour « Champions », la présente exposition à la Galerie Kreo. Nous feuilletons le dossier représentant les nouveaux piétements de table qu’il a créés : ce sont des structures en aluminium constituées d’une barre latérale et de tréteaux sur lesquels reposeront des plateaux de verre circulaires ou rectangulaires.

Tout en continuant à parler, Konstantin Grcic tourne le regard vers un bâton de ski noir appuyé contre une étagère. Des lettres sont alignées sur le bâton. Les plus grandes donnent à lire Salomom. « J’aime particulièrement la manière dont les graphismes des équipements sportifs font référence à la performance. Ils donnent l’illusion que l’objet doté d’inscriptions est plus rapide, voire plus puissant que celui qui en est dépourvu. Ici, les lettres visibles sur les pieds des tables sont des éléments fictifs, des graphismes spécialement développés pour l’occasion ».

Outre ces références au sport, Konstantin Grcic se souvient d’une exposition de Jean prouvé à la Galerie Jousse-Seguin. Il s’arrête sur une image d’archive et évoque la manière dont les plateaux de table était suspendus, plaqués contre les cimaises, piétements suspendus au dessus du sol, dans l’étroite salle de l’exposition. La conception de ces tables semblent dérivées de deux antinomies réconciliées : l’univers du sport d’une part et le monde de Prouvé d’autre part. Il remet en cause la frontière entre le design pour les élites et le design de masse.