ART | EXPO

Cercles & Carré

16 Juin - 15 Sep 2007

L’univers artistique de Patrice Carré, articulé autour de manipulations et de constructions, se compose notamment d’installations et de photographies réalisées à partir d’éléments domestiques du quotidien.

Patrice Carré
Cercles & Carré

Patrice Carré, artiste nomade, développe son œuvre au gré de ses pérégrinations et crée un lien étroit avec les lieux de ses expositions. Son univers artistique, articulé autour de manipulations et de constructions, se compose notamment d’installations et de photographies réalisées à partir d’éléments domestiques du quotidien. Chaque mise en scène suggère des interactions sonores potentielles. Patrice Carré opère ainsi une synthèse entre art visuel et art sonore. Ses références sont multiples, puisées tant dans une imagerie populaire comme la bande dessinée, et plus particulièrement celle d’Hergé, que dans le domaine de la création musicale contemporaine.

Pivot de l’exposition, au centre de l’espace trône une soucoupe volante faisant référence à la célèbre BD d’Hergé Vol 714 pour Sydney. Elle est accompagnée d’une série d’images de hauts-parleurs flottants dans l’espace, véritables photographies sonores qui viennent en prolongement logique de la pièce Sons, groupe d’enceintes acoustiques colorées posées au sol et qui diffusent des sons «percussifs» et «sifflotants».

Ses sculptures sonores s’inscrivent dans les réflexions menées avant lui par des artistes tel que Merce Cunningham, John Cage, Jasper Johns ou plus récemment par Rolf Julius sur les relations entre arts plastiques et sonorités. Pour lui, ses installations sonores «correspondent à un état de perception» où la matière sonore est «une sorte de matière plastique transparente». Il sculpte les sons comme il moule la résine ou le plâtre.

La photographie permet selon lui une perte d’échelle mais également une mise à distance qui donne l’occasion au spectateur de s’interroger sur le fonctionnement des éléments constitutifs de ses oeuvres. Il propose un univers coloré et sonore où chacun est invité à une perception multiple et à s’investir dans une reconstruction mentale.

L’artiste clôt l’exposition avec trois grandes photographies que les «tintinophiles» reconnaîtront. Patrice Carré a développé tout un projet autour d’albums d’Hergé (Les Bijoux de la Castafiore ou Le Secret de la Licorne) qui ont donné lieu à des installations sonores et à des photographies. Pour reconstituer certaines scènes au plus près des images d’Hergé, il a fait appel à des figurants bénévoles, déplaçant ainsi les niveaux de réalité. Avec humour il s’est réapproprié les décors et les personnages de la BD, pour les mettre en scène. Dans son travail il utilise Hergé comme source plus ou moins distanciée, car elle est pour lui signe de modernité.