DESIGN

Céramique contemporaine

13 Nov - 14 Déc 2019

La pratique de la céramique remonte à l'époque du Néolithique, mêlant fonction utilitaire et qualité esthétique. Relégué au second plan suite à l'industrialisation, ce savoir-faire ancestral rencontre depuis plusieurs décennies un regain d'intérêt parmi les artistes contemporains, qui le considèrent comme un art plastique à part entière. Quatre céramistes nous en persuadent à la Maison des arts de Châtillon.

La Maison des arts de Châtillon accueille jusqu’au 14 décembre une exposition de céramique contemporaine réunissant les œuvres de quatre créatrices, qui viennent de générations et de pays différents, et qui s’approprient chacune la matière de façon singulière : la Finlandaise Erna Aaltonen, la Française Claire Lindner, la Belge Ann Van Hoey et l’anglaise Ursula Morley-Price.

Une céramique contemporaine organique

Les formes et textures de la nature comptent parmi les inspirations premières de plusieurs des œuvres exposée à la Maison des arts de Châtillon. Dans le cas de Claire Lindner, c’est la forêt canadienne, au sol parsemé de racines, qui lui inspire une série de sculptures intitulées Enchevêtrement. Créées en grès, elles n’en paraissent pas moins comme grouillantes et grimpantes. La sensation de flux et de vie qui s’en dégage, malgré leur fixité, est remarquable.

Dans un tout autre style, les œuvres d’Ursula Morley-Price ressemblent à de majestueux coquillages immaculés, qui donnent l’impression d’avoir été modelés par les forces naturelles du vent et de l’eau. Les formes-mêmes de la céramique rappellent les ondulations marines. Sculptées dans le grès, leur finesse témoigne d’une fragilité similaire à celle d’une roche polie jusqu’à l’usure.

Enfin, la surface granuleuse des créations en forme de globes d’Erna Aaltonen, appelées Nadia et Aurina (2018), leur donne l’apparence de gros fruits.

Céramique contemporaine : l’artisanat à l’ère industrielle

Dans ses Monoliths (2010), Erna Aaltonen tranche avec l’inspiration issue de la nature pour présenter des céramiques en forme de cylindres ovales, aux parois noires ou blanches toutes lisses. The Earthenware Ferrari d’Ann Van Hoey joue également sur cet aspect extrêmement polissé et laqué. Fabriquée en faïence, elle est recouverte de la fameuse peinture rouge vive de la voiture Ferrari.

Cette combinaison inattendue entre tradition et modernité, entre la fabrication d’une poterie en terre cuite et le symbole d’un consumérisme de luxe, interroge sur l’existence-même de la céramique à l’époque industrielle. Paradoxalement, l’artisanat devient dans nos sociétés occidentales une forme de luxe. Il est d’ailleurs intéressant de noter que, parmi toutes les créations présentées, nombreuses sont celles qui s’éloignent de l’aspect utilitaire de la céramique, pour devenir de stricts objets d’art décoratifs.