« Mur-Réflexion »
Centre Culturel Auguste-Dobel
L’événement
Communiqué de presse
L’exposition est le fruit des échanges qui ont animé, au sein du collectif Plattform, les rencontres à Paris et à Düsseldorf entre quatre jeunes artistes issues de cultures photographiques différentes : Cécile Cuny et Liza Nguyen ont été nourries par les références du reportage français à l’Ecole Louis-Lumière, même si elles s’en démarquent dans leurs productions ; Julia Kernbach et Yoon-Jean Lee ont été, quant à elles, les élèves de Bernd et Hilla Becher puis de Thomas Ruff à la Kunstakademie de Düsseldorf. En cela, elles sont aussi les héritières de la tradition documentaire allemande. Les travaux de ces photographes donnent ainsi un aperçu de la jeune création photographique contemporaine à travers un sujet de travail commun, l’objet « mur », dont les représentations jouent de l’écart entre art et document.
L’objet « mur » est d’abord considéré comme limite et structure de l’espace. Cet espace peut être social et politique : les travaux de Cécile Cuny et Liza Nguyen s’inscrivent ainsi dans une interrogation sur le devenir de l’Allemagne de l’Est et de la Chine depuis l’effondrement du bloc soviétique dont la chute du mur de Berlin est l’évènement symbolique. Il peut aussi s’agir d’un espace d’expérimentation plastique : un espace déconstruit ou reconstruit par la perception de l’artiste. En effet, les collages de Julia Kernbach recomposent l’espace en déjouant les lois de la perspective, et Yoon-Jean Lee tire les espace quotidiens que sont les cours intérieures d’immeubles de leur familiarité en les présentant sous un nouvel éclairage. La lumière participe ici d’une construction subjective de l’espace.
Ces artistes ont aussi fait du mur une surface d’inscription et de projection qui présente certaines analogies avec la surface photographique. Le mur est ainsi le lieu d’une réflexion sur le médium lui-même. Les démarches documentaires de Cécile Cuny et Liza Nguyen considèrent ainsi la surface du mur comme des surfaces d’inscription de l’histoire : les grands ensembles photographiés par Cécile Cuny sont les restes tangibles et l’incarnation matérielle de la politique du logement et de l’urbanisme soviétique qui prévalait en ex-RDA ; les murs photographiés par Liza Nguyen en Chine sont des surfaces d’expression et de délation délibérément lavées de leur histoire. Cette appréhension du mur renvoie à celle qu’ont ces photographes de leur médium : la photographie peut elle-même être considérée comme surface d’inscription des événements historiques. Le document photographique mis en série en constitue une mémoire réinterprétée et reconstruite.
Julia Kernbach, en assimilant surface murale et surface photographique dans la même entreprise de déconstruction/reconstruction de l’espace et de sa perception, crée un espace hors normes, fictionnel. La photographie est utilisée comme un moyen de fragmenter le réel et de perturber le lien entre le référent et sa représentation : elle construit en effet des images de bâtiments fictifs mais ces images n’en constituent pas moins des documents plausibles.
Dans la démarche de Yoon-Jean Lee, le mur apparaît davantage comme une surface de projection de soi qui participe du même processus d’exposition que la surface photographique. Pour Yoon-Jean Lee, éclairer les arrières cours plongées dans l’obscurité, c’est une façon de se les réapproprier, d’y inscrire la marque de sa subjectivité ; ce qui est aussi une autre façon de renouer avec le principe fondamental de la photographie : l’empreinte naît de la lumière.
L’ensemble de ces travaux cherche donc à montrer la tension qu’il peut exister entre le sujet et sa représentation plastique et photographique à travers des démarches qui interrogent, chacune à leur manière, la notion de document. Les photographes de l’exposition se rejoignent ainsi dans l’entreprise de mise en question du médium et de la représentation photographique, questionnement qui repose principalement sur l’analogie et la confrontation entre la surface murale et la surface photographique.
Infos pratiques
> Lieu
Centre Culturel Auguste-Dobel
9 rue Philidor. Paris 20e
M° Maraîchers ou Porte de Vincennes
> Horaires
du lundi au samedi de 10h à 18h
> Contact
T. 01 58 77 23 44
www.plattform.fr.st
> Entrée libre
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