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Cassandre n°71. Où l’art se fera-t-il ?

Cet automne, la revue Cassandre interroge les nouveaux lieux et stratégies de l’art, et donne la parole aux philosophes Bernard Stiegler et Jacques Rancière.

Information

  • @2007
  • 2.
  • \8€
  • E99
  • Zoui
  • 4français
  • }220 L - 285 H

Présentation
Rédacteur en chef : Nicolas Roméas
Cassandre n°71. Où l’art se fera-t-il ? Nouvelles stratégies pour temps difficiles

« Que dire, en ces périodes d’éclipse de pensée ?

Se regrouper pour trouver ensemble des idées. Reconnaître les erreurs du passé, évidemment. Ne pas s’attarder, face à la virulence destructrice de l’ultralibéralisme, à la complaisance pleurnicharde qui pourrait nous guetter, dans laquelle risquent de s’enliser ceux qui sont sûrs de la justesse de leur causse…

S’exercer à l’autocritique. Prendre conscience des faiblesses du monde politico-culturel français dans un passé récent et aujourd’hui encore. S’efforcer de construire des outils, oui, nous le faisons, nous le ferons quoi qu’il arrive.

Mais que dire de plus sur le rôle essentiel de l’art dans Ia société que ce que nous ne cessons d’off irmer et d’illustrer depuis plus de douze uns, accompagnés et soutenus par les plus grandes voix ? Que dire de plus, sinon rappeler que depuis les Grecs, ce qui en Europe nourrit, structure la pensée, lui permet de se transmettre et d’avancer, c’est avant tout l’art — l’architecture, le théâtre, la littérature, la philosophie ?

Et que tout cela ne peut jamais être jugé à l’aune de la quantité… Que dire de plus, à qui ne veut pas entendre ?

Face à l’extrême gravité de l’enjeu, certains discours — qui ne tiennent aucun compte des acquis de l’histoire — pourraient laisser muet. Alors, en temps d’éclipse, souvenons-nous d’autres temps. Souvenons-nous que les fondamentaux que nous partageons avec nos lecteurs, nos amis, pour la défense des voleurs immatérielles et spirituelles portées par l’art, ne datent pas d’hier.

Au fil de ces pages, l’enjeu est abordé dons le contexte contemporain, notamment avec les travaux de deux philosophes importants, Bernard Stiegler et Jacques Rancière. Mais nous avons d’abord voulu le rappeler : cette question essentielle pour l’avenir de notre civilisation traverse les siècles, portée par nos plus grands aèdes.

Victor Hugo n’est pas le moindre de ceux qui ont contribué à construire notre pensée, notre esprit, un esprit français nourri d’histoire, à la fois critique et lyrique, où la beauté n’est pas synonyme de fadeur. En d’autres temps, l’auteur de la Légende des siècles traduisit devant les députés une pensée simple et majeure qui plaçait la culture et l’art exactement où ils doivent être. Au centre de la société des Hommes. Il savait de quoi il parlait.

Son cri d’alarme résonne encore en nous, très fortement. »