ART | EXPO

Casino’23

17 Oct - 10 Jan 2009
Vernissage le 16 Oct 2008

Autour d’un projet impliquant d’autres créateurs, Pierre Beloüin confronte le système de l’art contemporain et l’organisation des réseaux mafieux autour d’une table de craps.

Pierre Beloüin
Casino’23

Pierre Beloüin, jouant de l’espace d’exposition et de sa relation à des enjeux économiques – le Dojo est un espace partagé par une agence de communication et le lieu d’exposition – propose d’installer des éléments signifiant le monde des casinos. L’enjeu est de figurer le système de l’art contemporain, ses réseaux d’influence, de pensée, de pression, de pouvoir, et de créer le rapprochement avec celui des jeux et de l’organisation des réseaux mafieux.

Comme chacun des artistes accueillis par le Dojo, Pierre Beloüin réfléchit aux spécificités du lieu. Il joue en particulier avec l’activité de l’agence de communication, zone d’ombre autour des bureaux. Chacun aura un rôle, travailleur officiel aux missions particulières.

Toutes les composantes de cette installation dans l’ensemble des espaces du Dojo (plus de 500m2) permettront à l’artiste d’activer des problématiques propres à ses recherches sonores, son rapport à l’espace, à l’édition, et surtout à l’intérêt qu’il porte en permanence au tra vail d’autres artistes, qu’il invite au gré de ses expositions ou encore qu’il produit à travers son label.

Les différents espaces sont utilisés pour signifier ces contextes. Les vitrines donnant sur la rue présentent la situation: enseigne lumineuse et couronnes mortuaires. La première salle donne le ton : atmosphère chargée et enfumée, tables de jeux, jetons et plaques au design et nom du casino, éclairages rouges, portraits mafieux d’artistes et acteurs locaux, mappemonde, mini-bar fonctionnel et disques historiques encadrés, plaques de verre sur lesquelles sont gravés des mots fonctionnant aussi bien pour le milieu de l’art que pour celui de la mafia.
Transition, passage, le couloir donne accès à travers seize auto-portraits d’entraîneuses et serviettes brodées à leur pseudonymes à une seconde partie, l’officine «off» avec une salle d’aisance, mini-bar, scène de concert ou strip-tease, et d’autres activités, éventuellement illicites.

Des artistes sont invités à constituer de manière implicite, invisible et infiltrée le soir du vernissage l’équipe du Casino’23: Christophe Demarthe officiera sans doute autour de la «backroom», dont il a créé la bande son, le bar devrait être tenu par Olivier Huz, quant à P.N. Ledoux, l’alter égo littéraire de Pierre Beloüin, il pourrait jouer le rôle d’un collectionneur, mais les jeux ne sont pas faits…

Les bandes sonores, celles de Casino’23 et de la performance Str Crsh, sont créées par Christophe Demarthe et Norscq. Digital Baobab a conçu les éléments graphiques de l’exposition et P.Nicolas Ledoux compose des récits, situations vécues ou non par Pierre Beloüin, sorte de journal intime d’après des photographies quotidiennement envoyées.
Mythe, fiction, réalité, dépassement de la réalité, déplacement des champs…
Au cours des trois mois que durera l’exposition, les oeuvres seront réactivées par les artistes-acteurs-auteurs. Des éditions parallèles et des enregistrements donneront lieu à la production d’un catalogue.