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Cartoon Abstractions

31 Mar - 26 Mai 2010
Vernissage le 30 Mar 2010

George Condo figure des personnages de Tex Avery ou Hanna et Barbera comme le point de départ central de sa peinture, prolongeant les traits noirs que dessinent leurs contours pour faire naître une composition abstraite qui va couvrir le reste de la toile.

Communiqué de presse
George Condo
Cartoon Abstractions

Ou le cartoon se mêle à l’abstraction…
Pour sa troisième exposition personnelle à la galerie qui le représente depuis dix ans, George Condo a créé un tout nouveau groupe de peintures s’inspirant de personnages des «cartoons» des années 50 et 60. Cette nouvelle série marque un tournant dans l’oeuvre de George Condo tout en s’inscrivant dans la continuité de ses recherches sur la peinture, entre réalisme et abstraction.

Son exposition à la galerie en 2001 illustrait les fondements de sa démarche créative, celle d’une «abstraction physiognomonique», qui donne naissance à des oeuvres entre figuration et abstraction par des effets de distorsion de l’image initiale. En 2004, dans Memories from Manet and Velazquez, il mettait en lumière son talent spécifique de réinterprétation des techniques de peinture des grands Maîtres de l’Histoire de l’art. Aujourd’hui, George Condo s’inspire de nouvelles icônes, symboles en leur temps d’un monde en reconstruction et d’une nation américaine en pleine expansion: les cartoons.

Inspiré principalement par les personnages de Tex Avery ou Hanna et Barbera et ceux des Looney Tunes, y compris certains tombés maintenant dans l’oubli, George Condo figure ici les silhouettes originelles de ces personnages comme le point de départ central de sa peinture, prolongeant les traits noirs que dessinent leurs contours pour faire naître une composition abstraite qui va couvrir le reste de la toile…

Représentations fragmentaires et subjectives du personnage issues de l’imaginaire de l’artiste viennent se mêler aux couches de peinture, se répétant très ostensiblement ou apparaissant au contraire en filigrane sous des taches colorées, dans une improvisation picturale basée sur une utilisation très spontanée et imaginative de la peinture. Chaque toile a sa propre palette chromatique, tirée directement des couleurs qui caractérisent le personnage représenté.

Grand amateur de jazz, George Condo applique ici le principe créateur fondamental de ce genre musical, qui est de partir d’un motif musical précis et d’improviser sur cette base. De la même façon, Condo figure d’abord le personnage de façon authentique et fidèle à l’original, avant d’improviser sur le sujet et de donner libre cours à son imaginaire dans une approche picturale en apparence confuse, qui mixe en fait réinterprétation personnelle du sujet et travail sur la matière.

Cette technique picturale rappelle les expérimentations colorées et purement picturales du film d’ «animation» d’après-guerre comme celui de Norman McLaren, qui travaillait directement sur la pellicule en la grattant ou en la peignant, ou qui dessinait directement la piste sonore optique de ses films, pour nous livrer des oeuvres «animées» totalement abstraites. Dans ces nouvelles oeuvres, Condo s’octroie précisément la plus grande liberté dans l’application de la peinture et dans le travail de la toile, seul compte ici le rendu de la composition autour du personnage.

Ces Cartoon Abstractions, réalisées en 2009 et 2010, illustrent un nouveau développement du désir de l’artiste d’établir une chronique de l’imagerie américaine, qu’elle
provienne de la télévision, des cartoons, du cinéma ou des emballages colorés comme ceux des sucreries…

En 1997, dans sa série des «Televised Silkscreens», George Condo utilise un principe sérigraphique pour reprendre des images de télévision, provenant principalement d’émissions de variétés ou de feuilletons télévisés américains des années 60, qu’il détourne pour les «reconfigurer dans des scénarios hallucinatoires improbables de reproduction mécanique». En extrayant ces images hors de leur contexte initial, il en montre le caractère auto-aliénant.

En 2003, l’artiste réalise de grandes toiles où il reproduit fidèlement des packagings de sucreries américaines connus de tous, comme les chewing-gums Chiclets ou les barres chocolatées Hershey’s, dont les emballages ont été créés il y plusieurs dizaines d’années et qui sont pratiquement inchangés depuis. A l’instar de Warhol et des maîtres du Pop Art, il souligne alors l’importance de l’iconographie de ces produits de consommation, symboles d’une imagerie américaine mythique, qui a largement contribué à l’universalisation de cette culture depuis l’après-guerre et qui subsiste encore aujourd’hui dans son authenticité originelle.

«A la fin des années 50 et au début des années 60, l’art de l’animation florissait parallèlement à l’expressionnisme abstrait; ces peintures (les Cartoon Abstractions) synthétisent l’esprit de ces deux mouvements.»

En portant aujourd’hui ainsi un regard rétrospectif sur l’époque mythique où l’identité culturelle américaine s’est affirmée, ces années 50-60 caractérisées par une effervescence artistique tous azimuts dans laquelle cohabitaient des formes d’expression artistique aussi différentes que le film d’animation et l’expressionnisme abstrait, George Condo brasse une nouvelle fois les styles les plus hétérogènes pour nous livrer une oeuvre très contemporaine, où il fait une large part à l’improvisation et à la spontanéité dans l’interprétation de motifs picturaux.

Il se place ici dans la lignée de son prédécesseur Arshile Gorky, dont la remarquable création biomorphique était inspirée à la fois d’une interprétation surréaliste qui caricature le corps et ses mouvements, comme de certaines formes et silhouettes anthropomorphiques utilisées dans les dessins animés de l’époque.

En juxtaposant aujourd’hui sur une même toile réalisme formel et pure création abstraite, les Cartoon Abstractions reflètent l’interprétation personnelle de Condo du paradoxe de notre réalité contemporaine, de sa perception à la fois authentique et artificielle à partir d’images originales, aujourd’hui ancrées dans notre inconscient collectif…

L’artiste détourne ici à sa manière le principe de la fragmentation, implicite dans l’utilisation de l’abstraction pour livrer une vision construite des différentes facettes d’un personnage; les cartoons ne sont que le point de départ d’une interprétation libre et personnelle de cette réalité complexe.

Vernissage

Mardi 30 Mars 2010. 18h-21h (sur invitation uniquement).

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