DANSE | SPECTACLE

On (y) danse aussi l’été ! | 10:10

10 Juil - 20 Juil 2019

Pièce tous publics dès six ans, 10:10 de Caroline Cornélis sonne l'heure de la récré. Et ce, pour mieux plonger dans la dimension chorégraphique de tout ce qui se passe dans une cour d'école. Défouloir proche du break, la performance qui en découle allie danse contemporaine et enchaînements ludiques.

Dans une récente leçon donnée au Collège de France, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker y évoquait le rapport le plus immédiat des enfants à la danse. Notant ainsi qu’à la question de savoir ce qu’est la danse, la plupart d’entre eux se mettaient alors à tourner sur eux-mêmes. Performance chorégraphique accessible à tous les publics dès six ans, la pièce 10:10 (2018) de la chorégraphe belge Caroline Cornélis (Cie Nyash) aborde la question d’une façon complémentaire. Plutôt que de demander aux enfants ce qu’est pour eux la danse, 10:10 part d’un postulat en forme de question. Et si les enfants dansaient tout le temps ? Ou plutôt : si le temps scolaire, avec sa division cours / récréations, était un temps scindé entre étude et danse ? Avec les cours comme moment d’apprentissage immobile, et la cour de récréation comme lieu de danse perpétuelle ?

10:10 de Caroline Cornélis : la récré comme mine de combustible chorégraphique

Partant de cette hypothèse, Caroline Cornélis livre ainsi une pièce issue d’un cheminement alimenté par ce qui se passe dans ces cours de récréation. Avec des enfants qui courent, sautent, se chamaillent, tombent, se relèvent, se prennent ou traînent par la main… À la question de savoir ce qu’ils font, peut-être ne répondraient-ils pas qu’ils dansent. Peut-être répondraient-ils qu’ils jouent. Ou qu’ils courent, qu’ils sautent, etc. Mais c’est bien de ce matériau pourtant dont Caroline Cornélis se sert comme précieux combustible chorégraphique — pour reprendre le terme de la compagnie. Un matériau qui inclut la construction, destruction et altération d’interactions entre personnes ; tel un immense réservoir où les codes et règles s’écrivent et s’éprouvent au fur et à mesure. Pièce pour trois danseurs et un musicien, dans un décor minimal, les interprètes ramènent la cour sur scène. Sonnant ainsi l’heure de la récré, pour mieux déployer ce vocabulaire chorégraphique.

La complexité des mouvements enfantins : entre pause récréative et break dance

Au son des percussions — avec Tom Malmendier à la batterie, installé en fond de scène — deux danseurs et une danseuse composent une chorégraphie qui fleure l’enfance. Mais pour Fanny Brouyaux, Julien Carlier et Colin Jolet, il ne s’agit pas de mimer. Il s’agit bien d’une performance de danse contemporaine, puisant sa chair dans les mouvements récréatifs. Car ce qui distingue notamment l’enfance, c’est un corps avec des proportions autres que celles de l’adulte. Et des points d’équilibre différents. La question de savoir ce que cela implique, en termes de qualité de mouvements, peut notamment trouver des réponses dans 10:10. Les trois danseurs y déroulent une danse souple. Une danse parfois proche du break dans sa libéralité face aux directions (haut, bas, côtés) et son rapport au sol. Et jouant avec les vitesses, entre ralentis et revirements, 10:10 souligne la complexité des interactions et mouvements enfantins.

À retrouver tous les jours, du 10 au 20 juillet (sauf le 15), à 10h10, aux Hivernales – CDCN d’Avignon, en marge du Festival d’Avignon.